Agriculture

Notre position

Une transition agro-écologique et alimentaire pour se nourrir sur une planète vivante

L’agriculture est beaucoup plus qu’un secteur économique. Elle a affaire au vivant. Selon les méthodes qu’elle pratique, elle s’intègre dans les grands cycles naturels de l’eau, du carbone, de l’azote, du phosphore, et dans un bon fonctionnement des écosystèmes, ou au contraire elle dérègle les grands cycles et les écosystèmes, détruit la biodiversité et pille les ressources de la planète.

Le mot d’ordre de la compétitivité et la priorité accordée aux balances commerciales donc à l’export dans une mondialisation féroce et cupide sont incapables de faire valoir des limites d’ordre éthique, le long terme et l’intérêt collectif. C’est le règne de la distorsion de concurrence, du non-droit. C’est la loi du plus grand et de la finance, et la gouvernance par les seuls chiffres technico-économiques. « Ailleurs c’est pire », dit-on, comme si cela pouvait justifier le cynisme quel que soit le niveau.

La production doit retrouver un sens : nourrir l’humanité avec un régime alimentaire sain et produire du bien-être social, arrêter le gaspillage structurel et pour cette raison réduire fortement les productions animales, créer des emplois décents pour des paysans nombreux, reconstituer la biodiversité du paysage agricole et laisser des espaces à la nature sauvage, faire évoluer toutes les filières de manière à préserver le climat et limiter la production d’énergie aux seules voies compatibles avec les objectifs cités.

Comment nourrir l’humanité ?

Rendre la filière porcine durable. Scenarios en discussion
Alsace Nature à Bruxelles, octobre 2018 .

Nos thèmes et nos travaux en cours :

Plébisciter l’agriculture biologique

Achetez « bio » !

Achetez « bio » ! Mais comment fonctionne la production bio ? Pourquoi est-ce mieux ? Est-ce difficile ? Alsace Nature a demandé à des agriculteurs…

 

Bien-être animal. Respect en plus ?

Triple respect

Alsace Nature revendique un triple respect : envers l’animal, la nature et l’éleveur, ceci par un prix juste qui rémunère une prestation et des efforts pour le respect du vivant (supérieurs aux normes minimales qui sont très insuffisantes). En 2012, Alsace Nature avait publié une étude qui argumente ses propositions :
Des Initiatives Locales pour valoriser la protection de la nature et le bien-être des animaux .

Ces propositions ont donné lieu à quatre plaquettes synthétiques :

  • Respect en Plus – BIEN-ETRE ANIMAL EN REGION
  • Respect en Plus – POULES PONDEUSES
  • Respect en Plus – PORC
  • Respect en Plus – LAIT DU RIED

La gouvernance agricole

en place n’a malheureusement pas permis de porter ce discours dans les instances de décision régionales. Plus récemment, l’Agence de l’Eau nous a rejoints sur le constat qu’il faut aborder les problèmes environnementaux par une démarche de filières. Cette approche devra être cohérente et prendre en compte l’ensemble des impacts environnementaux – dont la biodiversité ! – et aussi le bien-être animal, au lieu de cibler uniquement la qualité de l’eau sur un périmètre restreint de protection de captage d’eau

Un rayonnement national

Le bien-être animal est maintenant bien ancré dans les priorités du mouvement France Nature Environnement. Alsace Nature est aussi moteur au niveau du Collectif Plein Air lien http://collectifpleinair.eu/, collectif informel d’échanges pour s’opposer aux élevages industriels autour des valeurs d’une Charte http://collectifpleinair.eu/ . Voir aussi sous le thème PAC.

Que fait l’Etat ?

Est-ce que l’Etat évincera les questions brûlantes autour du bien-être animal  en traitant par le mépris les contributions des ONG ? Au niveau de l’Etat persiste en effet une forte ambiguïté entre certaines annonces et une inefficacité désolante. Le 8 novembre 2017 – exactement 14 ans après le colloque trinational organisé sur le même sujet par Alsace Nature à Colmar !l’Etat avait piloté un colloque sur le bien-être animal à Obernai. Déception…

Pour en savoir plus
Ce colloque 2017 a été organisé au nom de la Conférence du Rhin supérieur, une instance transfrontalière tripartite (FR, DE, CH). C’était un beau succès, avec un fort intérêt de la part des professionnels, et des échanges qui mettaient bien le doigt sur les besoins. Un participant sur dix venait d’Alsace Nature. Toutefois, les fermes visitées et présentées comme exemplaires n’étaient pas tout à fait à la hauteur, sans qu’il y ait une possibilité de débattre des forces et faiblesses. Les propositions du colloque étaient sensées remonter au Ministère et peut-être même à Bruxelles ! et surtout, il devait y avoir une suite. Hélas, cette suite se fait attendre… rien du tout en 2018 ! Les ONG qui pourtant avaient contribué dans un esprit très constructif, ont été exclues des discussions au sein de la Conférence du Rhin supérieur. S’il s’avère exact que la prochaine journée sur le bien-être animal (en cours de préparation sans associer les ONG) se limitera à la question des vaches à l’attache (un thème qui préoccupe surtout les Allemands) et exclura les questions prioritaires identifiées, comme la liberté de mouvement des truies, le traitement de la douleur, et les critères pour les aides de la PAC, comment dans ce cas les ONG pourraient-elles cautionner ces reculades en participant ? Est-ce que, en pleine phase de Grand Débat National, l’Etat osera exclure des thèmes les plus brûlants et les plus déterminants ?

Que fait l’agriculture biologique pour le bien-être animal ?

Elle interdit les cages, elle impose plus de surface, de la litière, l’accès au plein air, et un certain respect des comportements naturels des animaux. Globalement, les éleveurs semblent plus sensibles au bien-être animal. Mais il lui reste quelques progrès à faire, d’urgence, notamment en ce qui concerne le traitement de la douleur…

Pour en savoir plus...
Parmi les mérites de l’agriculture biologique il convient de souligner qu’en son sein quelques éleveurs particulièrement motivés s’engagent dans des expérimentations d’excellence et d’innovation, comme par exemple laisser les veaux laitiers en contact avec leur mère. Une journée de rencontre entre la FNAB (Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique) et les ONG a montré de fortes convergences dans les objectifs, notamment pour le transport et l’abattage qui devrait se faire à proximité et demain, espérons-le, à la ferme. La nécessité et l’urgence d’améliorer les pratiques en agriculture biologique concerne en particulier certaines mutilations très douloureuses (castration, écornage) que subissent les animaux d’élevage – à vif (en France), que ce soit en bio ou en standard. D’autant plus que la filière française du porc bio, particulièrement indigente en la matière, s’est précipitée pour interdire l’immunocastration des porcelets par injection, sans donner d’alternative à la castration à vif et en préconisant la bombe à froid en guise d’anesthésie (ce qu’on peut légitimement qualifier de fumisterie). Il y a un malaise. Alsace Nature, avec Welfarm, a tuteuré un projet d’étudiants sur ce thème, qui a mis en évidence la grande diversité des opinions et des pratiques, avec un déficit d’information qui rend perplexe. Pourtant l’état des connaissances, sans ambiguïté, est qu’il faut tant pour la castration que pur l’écornage, à la fois une anesthésie (générale ou locale) contre la douleur peropératoire et une analgésie (un antiinflammatoire) contre la douleur post-opératoire, et éventuellement un sédatif avant l’écornage. La sédation ne doit pas être confondue avec une anesthésie. – L’éthique bio ne devrait pas tolérer la production de chapon, castration douloureuses (avec risque infectieux) injustifiables ; cette vision semble assez consensuelle à la FNAB. L’autre problème majeur de la bio reste l’envoi en engraissement conventionnel très intensif de nombreux animaux (surtout les petits mâles) qu’elle fait naître dans la production laitière, mais qu’elle ne sait pas engraisser et commercialiser, faute de filière rémunératrice.

Pesticides : pour une transition agro-écologique et alimentaire

Néonicotinoïdes, diméthoate, glyphosate, SDHI, pyréthrinoïdes… ils possèdent trois principales cibles : les herbicides visent des herbes jugées « mauvaises », les fongicides s’attaquent à des champignons quand les insecticides tuent des insectes. Ce qu’il faut savoir sur ce dossier sensible…

Dans les eaux superficielles et souterraines

Les mesures de pesticides dans les eaux superficielles et souterraines lien ERMES APRONA sont sans équivoque : la valse des pesticides qui se succèdent et de leurs métabolites montrent clairement qu’il faut une rupture, tant au niveau des pratiques que de la politique.

Rassemblement national « nous voulons des coquelicots »

Alsace Nature et ses groupes locaux participent activement aux rassemblements « Nous voulons des coquelicots » qui ont lieu chaque premier vendredi du mois vers 18h devant de nombreuses mairies, pour demander l’interdiction des pesticides de synthèse.

Sensibilisation du public

Alsace Nature travaille sur un cycle de conférences destiné à bien identifier les pistes de sortie des pesticides, tant au niveau des techniques qu’au niveau des choix politiques. Car tout est une question d’influence des lobbies sur les experts et les politiciens !

Au niveau national

Avec France Nature Environnement, Alsace Nature s’intéresse aux pistes agronomiques pour sortir des pesticides. Oui, c’est possible, mais cela suppose de changer de système et de revoir à fond la rotation des cultures et les débouchés pour des cultures plus diversifiées… et plus saines !

Pour en savoir plus...
Si le but du programme Ecophyto avait été de pérenniser l’usage des pesticides (et le chiffre d’affaires de l’agrochimie et des coopératives), on ne s’y serait pas pris autrement. Il manque encore cruellement une action concertée et cohérente agissant à la fois pour l’eau, pour l’air, pour les sols, pour mettre fin aux résidus dans les aliments, et pour protéger efficacement tous les riverains et promeneurs, quelle que soit leur catégorie (tout le monde est vulnérable). Certes, beaucoup d’agriculteurs font des efforts pour réduire les traitements, que ce soit reconnu. Mais par ailleurs on entend trop de voix et de conseils défendant et préconisant leur usage. Quant aux herbicides, il n’est pas question d’accepter qu’on remplace le glyphosate par d’autres produits toxiques qui diffusent ! Alors peut-on cultiver sans glyphosate, notamment avec des techniques culturales simplifiées (TCS), c’est-à-dire sans labour ? C’est souvent contesté, avec en plus l’argument que le glyphosate (associé à une couverture des sols) est de loin plus favorable aux vers de terre que le labour. Toujours est-il que d’autres se passent de glyphosate, au prix de modifier la rotation des cultures (intégrer une prairie temporaire, une luzerne…). Ce qui pose la question cruciale : que produire avec les sols ? Quelle place pour la biodiversité, quelle place pour l’énergie, quelle place pour l’élevage ? En fait, ni le sirop de glucose issu du maïs, ni le sucre des betteraves, ni l’alcool des vignes ni l’énorme excès de viande et de charcuterie (issus d’animaux nourris aux céréales et au soja traités aux pesticides), rien de tout cela n’apporte un bénéfice particulier pour la santé publique… contrairement aux fruits, légumes et noix, céréales complètes et légumineuse biologiques.

En désaccord

Alsace Nature exprime régulièrement son désaccord avec les divers arrêtés ministériels ou préfectoraux qui font l’impasse sur la protection des riverains face aux épandages, et qui n’apportent aucune avancée pour la protection des milieux naturels et de l’eau.

Biodiversité

Les zones herbeuses

La brochure d’Alsace Nature sur la gestion des zones herbeuses apporte quelques notions sur la biodiversité agricole en bordure des champs et sur la petite faune auxiliaire de l’agriculture.
Lire l’article et télécharger la brochure…

La vie dans les sols

constitue un trésor sous nos pieds : c’est tout un écosystème qui grouille. Et si on connait aujourd’hui 80% des espèces d’invertébrés du sol, on estime avoir identifié seulement 4% des acariens et 1% des bactéries et champignons… La vie des sols nous nourrit, nous protège des aléas climatiques, et stocke du carbone (que nous lâchons de manière si irresponsable).
Lire l’article de FNE…

Alsace Nature soutient l’Appel du sol un lien vers le site/la BD pour une protection des sols au niveau européen. Alors qu’ils sont à la base de notre alimentation et de notre santé, les sols ne bénéficient encore d’aucune protection réglementaire !

Le Hamster

La survie du Grand hamster dépend des pratiques agricoles. Alsace Nature participe aux travaux pour le Plan National d’Action pour la sauvegarde du hamster. Une des actions prévues consiste à créer une filière et une labellisation de produits dont les modes de culture sont favorables au hamster en lui offrant nourriture et abris.

Les Rieds

Le maintien et la gestion extensive des prairies naturelles riches en biodiversité dans les Rieds d’Alsace est une préoccupation permanente d’Alsace Nature au fil des années.

Les Vignes

Pour une viticulture qui fait la fête à la biodiversité, Alsace Nature admire et soutient la démarche du domaine Lissner à Wolxheim, tout comme d’autres, déjà bien connus : le domaine Durrmann à Andlau.

La PAC au cœur des luttes d’influence

Le 26 mai auront lieu les élections européennes. La nouvelle Politique Agricole Commune se négocie d’ici là, avec le risque (incertain) que les nouveaux Eurodéputés et la nouvelle Commission recommencent tout à zéro à l’automne. Attention : ce serait une grave erreur d’accuser l’Europe de tous les maux. Le hold-up contre le climat, la biodiversité et les animaux est organisé par les lobbies qui agissent à Bruxelles mais surtout auprès des gouvernements des Etats membres. C’est le Conseil des Ministres des 28 (27) Etats membres qui empêche une percée agro-écologique respectueuse de la nature, des animaux et des paysans.

Les ONG (dont FNE) et les syndicats agricoles progressistes se sont rassemblés dans la Plateforme pour une autre PAC qui a réussi l’exploit de présenter une position commune, partagée entre 35 organisations différentes.

Alsace Nature souhaite interpeller les candidats sur le bien-être animal, la biodiversité, les pesticides, les prix justes.

La nouvelle PAC et le bien-être animal

 

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