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À Lembach, le projet photovoltaïque abandonné : une décision enfin à la hauteur des enjeux naturels
Après trois années de mobilisation, le projet de centrale photovoltaïque prévu sur les hauteurs de Lembach ne verra finalement pas le jour. La société Neoen, qui portait ce projet de 28 000 panneaux sur environ 15 hectares, a décidé d’abandonner l’opération. Une décision que nous accueillons avec soulagement, alors même que les associations naturalistes alertent depuis 2023 sur l’incompatibilité de ce projet avec la richesse écologique du site.
Selon les informations publiées par les Dernières Nouvelles d’Alsace le 9 septembre, l’abandon serait en partie lié au coût du raccordement électrique, le réseau de Strasbourg se trouvant à environ 13 kilomètres du site. Mais l’étude environnementale menée dans le cadre du projet aurait également pesé dans la décision. Neoen confirme ainsi que « l’analyse environnementale du site a confirmé que les enjeux environnementaux ne sont pas compatibles avec l’implantation d’un projet solaire ».
Cette conclusion rejoint très directement les alertes portées depuis plusieurs années par Alsace Nature et les associations naturalistes alsaciennes.
Un site naturel loin d’être « disponible »
Le projet devait prendre place au Willerhoeh, sur les hauteurs du Four-à-Chaux, sur un ancien terrain militaire acquis par la commune de Lembach auprès du ministère des Armées pour un peu moins de 80 000 euros.
Dès l’annonce du projet, en 2023, Alsace Nature et plusieurs de ses associations fédérées (LPO Alsace, BUFO, IMAGO, GEPMA et Société botanique d’Alsace) avaient alerté sur la richesse écologique de ce secteur. Nous avions alors détaillé les raisons de notre opposition dans un article consacré au projet de centrale photovoltaïque de Lembach. Le site avait alors été décrit comme un véritable réservoir de biodiversité, avec des milieux prairiaux, des haies et une mosaïque d’habitats particulièrement favorables à la faune et à la flore.
Les observations réalisées sur le terrain ont notamment permis de mettre en évidence la présence d’espèces sensibles. Lors d’une traversée du secteur organisée par Alsace Nature, des naturalistes avaient ainsi observé la Pie-grièche écorcheur, le Bruant jaune ainsi que plusieurs espèces de papillons.
Plus récemment, le Plan régional d’actions en faveur des pies-grièches a rappelé que le secteur de Lembach présente un enjeu particulier pour la Pie-grièche à tête rousse et la Pie-grièche écorcheur, et que les associations avaient alerté la commune dès 2023 sur la nécessité de préserver les habitats de ces espèces.
Ces éléments ne sont pas anecdotiques. Ils illustrent une réalité essentielle : une parcelle n’est pas un espace « vide » simplement parce qu’elle n’est plus utilisée par l’activité humaine qui l’occupait autrefois. Après des décennies d’évolution naturelle, le terrain du Willerhoeh est devenu un espace de vie pour de nombreuses espèces et participe au fonctionnement écologique du territoire.
Une position constante : oui aux énergies renouvelables, mais pas n’importe où
Alsace Nature n’est pas opposée au développement des énergies renouvelables. Bien au contraire : face au dérèglement climatique et à la nécessité de sortir des énergies fossiles, leur développement est indispensable.
Mais la transition énergétique ne peut pas se faire en opposant systématiquement lutte contre le changement climatique et protection de la biodiversité.
Nous n’avons pas à choisir entre énergie et nature. La transition énergétique doit aussi être une transition écologique.
Le photovoltaïque doit d’abord être développé là où son implantation présente le moins d’impacts : sur les bâtiments, les toitures, les parkings et leurs ombrières, ainsi que sur des espaces déjà artificialisés ou dégradés.
À l’inverse, l’installation de centrales photovoltaïques au sol sur des espaces naturels de qualité doit rester exceptionnelle et être écartée lorsque les enjeux écologiques sont importants. C’est précisément le cas lorsque ces secteurs accueillent des espèces protégées ou menacées, des habitats remarquables ou assurent des fonctions écologiques essentielles.
Les travaux de synthèse disponibles sur les relations entre photovoltaïque et biodiversité montrent d’ailleurs que les centrales au sol peuvent avoir des incidences sur les milieux naturels, les sols et différents groupes d’espèces, et que les mesures d’évitement doivent être intégrées très en amont des projets.
Des alertes qui se sont accumulées
Au fil du dossier, les réserves n’ont cessé de s’accumuler.
En juillet 2024, le Parc naturel régional des Vosges du Nord avait rendu un avis défavorable au projet, mettant en avant des risques importants de dégradation de la biodiversité locale. Cet avis avait été suivi par les services de l’État. Le projet n’avait dès lors pas pu être retenu dans la zone d’accélération des énergies renouvelables envisagée par la commune sur le secteur du Willerhoeh.
Ce point est important : l’abandon annoncé aujourd’hui n’arrive donc pas après une absence d’alerte ou faute d’avoir identifié les enjeux. Le dossier avait fait l’objet de nombreuses mises en garde, de la part des associations naturalistes comme des acteurs publics chargés de la préservation du territoire.
L’étude environnementale finalement réalisée semble désormais confirmer ce que ces alertes laissaient déjà entrevoir : ce site présente des enjeux incompatibles avec un projet photovoltaïque de cette ampleur.
Une bonne nouvelle… et une vigilance qui demeure
Nous nous réjouissons donc de l’abandon de ce projet. C’est une bonne nouvelle pour la biodiversité, mais aussi une illustration concrète de ce que doit être une transition énergétique réellement durable : produire de l’énergie renouvelable sans détruire les espaces naturels qui nous rendent d’autres services essentiels.
Pour autant, cette annonce ne doit pas conduire à considérer le dossier comme définitivement clos. Le terrain appartient désormais à la commune de Lembach, qui l’a acquis avec l’argent public. La question de son devenir reste donc entière.
Nous souhaitons que cette parcelle puisse faire l’objet d’une réflexion ouverte, associant les différents acteurs du territoire et prenant pleinement en compte ses valeurs écologiques, paysagères et patrimoniales. Nous souhaitons conserver le dialogue avec la commune et rester disponibles pour échanger sur l’avenir du site.
Car notre crainte est désormais que l’abandon du projet Neoen ne soit que temporaire et qu’un autre opérateur tente demain de reprendre le dossier, avec un projet différent dans sa forme mais tout aussi problématique pour la biodiversité.
Nous resterons donc particulièrement attentifs au devenir de cette parcelle communale.
L’abandon annoncé aujourd’hui doit être l’occasion de tourner définitivement la page d’un projet inadapté au site, et non de remettre à plus tard la même question.
MARCHONS PARTOUT EN FRANCE POUR LE CLIMAT, LE VIVANT, LA PAIX ET LA JUSTICE SOCIALE
ALSACE NATURE soutient cet événement et vous invite à y participer :
Appel à mobilisation nationale · Samedi 26 septembre 2026
MARCHONS PARTOUT EN FRANCE POUR LE CLIMAT, LE VIVANT, LA PAIX ET LA JUSTICE SOCIALE
« Qui aurait pu prédire la crise climatique ? »
Personne ne pouvait l’ignorer, parce que tout était écrit.
La Gironde a brûlé quatre mois avant les vœux de 2022. Elle vient de brûler encore, plus fort qu’à aucun moment depuis cinquante ans, et la fumée est montée jusqu’aux villages du Cher.
Les compagnies pétrolières savaient dès 1971. Le GIEC a prédit dès 1990. Des milliers de scientifiques ont alerté, par la presse, les pétitions et les manifestations. Ils et elles ont été ignoré·es.
Nous ne venons pas demander qu’on nous plaigne. Nous venons demander des comptes.
Ce sont d’abord les habitant·es des quartiers populaires, les familles précaires, les personnes âgées, celles et ceux qui travaillent dehors ou dorment dans la rue qui meurent en premier.
- 7 300 personnes mortes de la canicule cet été. (Été 2026 — bilan provisoire de Santé publique France)
- 837M€ de Fonds vert, contre 2,5 milliards en 2024. (Budget 2026)
- +6,7Md€ ajoutés au seul budget des armées en une année, pendant que la sécurité civile tient sous le milliard. (Budget des armées)
- 3/4 des Français·es veulent déjà que les entreprises fossiles paient davantage. (Opinion publique)
Nos exigences
Trois plans, et de quoi les payer.
Parce que l’été prochain sera plus chaud que celui-ci, et qu’on ne s’adapte pas indéfiniment à une catastrophe qu’on continue d’alimenter. Nous exigeons trois plans — et que contribuent celles et ceux qui ont fabriqué la catastrophe et en tirent profit.
- Un plan d’urgence : Des lieux frais dans chaque bassin de vie, des écoles, crèches, hôpitaux et EHPAD où l’on ne meure pas de chaud, la protection des travailleur·ses de la chaleur, un toit pour chacun·e, de vrais moyens pour les secours.
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Un plan d’adaptation : Le Fonds vert rétabli, l’ingénierie publique rendue aux territoires, la rénovation des logements engagée, des forêts protégées et restaurées, des sols restaurés, des haies replantées, des rivières et des nappes traitées comme des communs.
-
Un plan d’atténuation : La fin de toutes les subventions aux énergies fossiles, l’interdiction d’ouvrir de nouveaux projets fossiles, des transports publics accessibles partout. Une sortie du fossile qui soit aussi une sortie des guerres qu’il finance.
VOIR + D’INFOS sur le site : https://26septembre.org/
LES MOBILISATIONS LOCALES : (infos mises à jour régulièrement)
- Strasbourg – Place de la République : 14H départ de la manifestation
- Colmar – Place du Champs-de-mars (face Préfecture) : 11H village des assoc organisatrices, 12H pique-nique militant, 14H départ de la manifestation
- Guebwiller – Parc de la Marseillaise – 14h30 départ de la manifestation
- Mulhouse – Rassemblement croisement Briand et rue de Pfastatt – 11h
- Saint-Louis – Forum de Saint-Louis – 14h30
[Service civique] Zéro Déchet Strasbourg recrute deux volontaires
L’association Zéro Déchet Strasbourg recrute deux volontaires en service civique pour la rentrée de septembre 💚
Les domaines sont variés : communication, animation, bénévoles, sensibilisation, travail d’équipe…
C’est l’occasion de multiplier vos compétences et de se forger une belle expérience au sein d’une asso dynamique !
Durée : 8 mois (à partir de septembre 2026)
Lieu : Strasbourg
Rendez-vous sur le site du service civique pour candidater : https://www.service-civique.gouv.fr/trouver-ma-mission/appui-a-lanimation-et-au-developpement-de-projets-et-de-la-vie-associative-1-2-6a38fafd8d1d3-6a38edce39b834187101f296
Revue de presse – Projet de Data Center à Petit-Landau : le commissaire enquêteur donne un avis favorable
Malgré l’opposition de 80% des participants à l’enquête publique, le commissaire chargé de l’enquête publique sur le projet d’implantation d’un data center à Petit-Landau (Haut-Rhin) a donné un avis favorable.
Le commissaire enquêteur a justifié son avis par le fait que « les inconvénients majeurs pointés dans le dossier initial ont été éclaircis ou corrigés par Microsoft. » Selon lui, ce projet répond « aux besoins numériques de plus en plus importants de l’ensemble de la population et du monde professionnel ».
Pour rappel, ce projet de data center est prévu sur un terrain de 35 hectares, impactant des terres agricoles (dont une partie cultivées en bio). Gigantesque, il est chiffré à deux milliards d’euros et sa construction est prévue pour 2029 dans le Haut-Rhin, près de Mulhouse.
Selon le dossier d’enquête publique, la consommation d’électricité est estimée à plus de 1300 gigawattheures par an, soit l’équivalent de 80 % de la consommation annuelle électrique résidentielle de tout le Haut-Rhin, ou encore 100 % de la production solaire du Grand Est !
Et si le data center ne sera pas connecté à la nappe phréatique d’Alsace, il consommera tout de même, chaque année, 5 000 mètres cubes d’eau issus du réseau d’eau potable. « Aucun prélèvement d’eau en milieu naturel ne sera effectué, l’eau proviendra du réseau local et le système fonctionnera en circuit fermé », avait assuré l’agglomération de Mulhouse en juin dernier. MAIS quelle consommation réelle en eau du site ? Quel traitement des pollutions, notamment par les PFAS, les glycols ? Quelles conséquences pour le Rhin en cas d’incendie ?
Un avis favorable du commissaire enquêteur assorti d’une réserve et de trois recommandations
Concernant les trois volets de l’enquête publique :
▶ sur la demande d’autorisation environnementale :
le commissaire a émis un avis favorable, avec une réserve : « Mettre en œuvre les engagements pris […] au niveau de la pollution sonore » et une recommandation : « Mettre en œuvre la valorisation de la chaleur fatale dans le cadre d’un projet avec des acteurs de la zone proche du site du projet ».
▶ sur la mise en compatibilité du plan local d’urbanisme de Petit-Landau :
il a donné un avis favorable, avec deux recommandations. « En cas de concrétisation du projet, M2A [Mulhouse Alsace agglomération] devrait accompagner dans leurs démarches les communes proches dont les habitants auraient des nuisances éventuelles non conformes aux engagements pris par Microsoft. » Et : « Il convient de rester attentif aux mesures d’organisation prévues afin de limiter les nuisances associées aux circulations de chantier. Les poids lourds devront obligatoirement emprunter des itinéraires qui éviteront la traversée des villages. »
▶ sur les demandes de permis de construire déposés à Petit-Landau et Hombourg : avis favorable, sans réserve ni recommandation.
Les opposants au projet restent mobilisés
Alsace Nature avait déjà signalé sa forte désapprobation, dénonçant « un projet incompatible avec les objectifs de sobriété énergétique, aux conséquences fortes sur l’environnement et la santé humaine ».
Outre des militants, de nombreux habitants du secteur ont participé à l’enquête publique. En donnant un avis favorable au projet, le commissaire enquêteur a balayé les nombreux arguments avancés par la grande majorité (80%) des 650 contributeurs. De nombreuses interrogations subsistent concernant la consommation d’électricité, la consommation en eau, sur le foncier agricole et le bruit que ces installations peuvent entrainer.
Même si le commissaire a émis une réserve concernant le bruit, en préconisant une étude acoustique dans les trois mois suivant la mise en service et des « mesures correctrices » en cas de dépassement des seuils, rien de garantit l’absence future de nuisances pour les riverains.
Le commissaire enquêteur estime que « les avis favorables d’entreprises connues dans le domaine du BTP, de représentants de la Fédération française du bâtiment et de chefs d’entreprise membres de la CCI Alsace sont très importants car ils témoignent de l’attente des professionnels ». Comme le souligne la journaliste Cécile Fellmann dans son article des DNA le 24/08/2026, le poids des avis des entreprises a pesé lourd dans la balance : « Le poids de cinq organisations professionnelles et huit entreprises face à 14 associations et 636 particuliers« .
Le collectif « IA pas moyen » et les opposants au projet ne baissent pas les bras et prévoient de nouvelles mobilisations dans les semaines qui suivent, en attendant la décision définitive du préfet.
Dans son article sur le sujet L’Alterpresse 68 résume ainsi la situation :
« Ce que Petit-Landau a mis en lumière, c’est une ligne de fracture qui traverse toute l’Europe : d’un côté une croissance numérique qui ne se fixe aucune limite et considère l’énergie comme un facteur de production parmi d’autres, de l’autre des territoires qui découvrent, en calculant, qu’ils n’ont pas assez d’électricité, d’eau et de terres pour tout le monde.
Il y a urgence à dire, collectivement, ce que l’on veut produire, pour qui et pour quoi, avant que l’on présente, une fois de plus, l’irréversible comme une évidence économique. »
L’avis du Préfet annoncé pour le mois d’octobre
C’est le préfet du Haut-Rhin qui aura le dernier mot : il devrait se prononcer en octobre pour autoriser ou non le projet de data center à Petit-Landau
REVUE DE PRESSE
- DNA/L’Alsace, le 24/08/2026 : https://c.dna.fr/economie/2026/08/24/centre-de-donnees-un-avis-favorable-malgre-80-de-contributions-defavorables
- ICI Alsace, le 26/08/2026 : https://www.ici.fr/emissions/l-info-d-ici-ici-alsace/projet-de-data-center-a-petit-landau-un-avis-favorable-apres-l-enquete-publique-malgre-80-d-opposition-5345617
- Pokaa, le 26/08/2026 : https://pokaa.fr/2026/08/26/malgre-lopposition-microsoft-obtient-le-feu-vert-pour-construire-son-data-center-geant-en-alsace/
- L’Alterpresse 68, le 29/08/2026 : https://www.alterpresse68.info/2026/08/29/data-center-microsoft-a-petit-landau-pres-de-mulhouse-le-commissaire-enqueteur-dit-oui-notamment-pour-des-raisons-de-souverainete-numerique/
- L’Ami Hebdo, le 28/08/2026 : https://www.ami-hebdo.com/sundgau-un-pas-de-plus-vers-le-data-center/
- DNA/L’Alsace, le 28/08/2026 : https://c.dna.fr/faits-divers-justice/2026/08/28/data-center-microsoft-a-petit-landau-les-opposants-manifestent-devant-la-sous-prefecture-de-mulhouse
Revue de presse – Vers une personnalité juridique pour le Rhin ?
Selon un article de Florent Servia publié le 27/08/2026, sur Euractiv.com, et intitulé Droits octroyés aux fleuves : le Rhin est le prochain sur la liste, Daniel Reininger, représentant d’Alsace Nature à la Commission internationale pour la protection du Rhin (CIPR) défend l’idée d’octroyer un statut juridique pour le Rhin, ce qui permettrait au fleuve d’être défendu devant les tribunaux.
Pour une personnalité juridique du Rhin
Alors que la sécheresse de cet été 2026 a rappelé la fragilité des rivières et cours d’eau, reconnaître la personnalité juridique au Rhin pour protéger ses intérêts aussi bien pour des questions écologiques qu’économique, devient un enjeu urgent face au changement climatique. Ce statut permettrait à des personnes identifiées par la loi ou un accord international, d’intenter des actions en justice au nom du fleuve.
Rappelons-le, le Rhin est la plus importante voie navigable d’Europe, par laquelle transite environ 300 millions de tonnes de marchandises chaque année. Or, avec la baisse du niveau de l’eau cet été, la capacité de navigation a été très restreinte.
Aux côtés d’autres militants écologistes, Daniel Reininger a déclaré qu’ « Il faudrait rapidement doter le Rhin d’une personnalité juridique« , non seulement pour des raisons économiques, mais aussi sociales et écologiques, le Rhin étant un « écosystème vivant, (dont la) santé est liée à la nôtre. »
Cette idée n’est pas nouvelle et certains Etats ont déjà oeuvré dans ce sens pour reconnaitre une personnalité juridique à certains de leurs fleuves Ainsi, « en 2016, la Cour constitutionnelle colombienne a reconnu le fleuve Atrato comme sujet de droits afin de le protéger contre l’exploitation minière illégale. La Nouvelle-Zélande a emboîté le pas en 2017, en reconnaissant le fleuve Whanganui comme une « entité vivante ». En mai, les conseils municipaux situés le long de la rivière Wye, au Pays de Galles et en Angleterre, ont adopté une charte non contraignante définissant les droits de la rivière, notamment celui de s’écouler librement. »
Daniel Reininger et plusieurs ONG plaident également pour la création d’un Parlement de l’eau du Rhin.
La création en 1950 de la Commission Internationale pour la Protection du Rhin (CIPR), a permis une coordination internationale. Si elle « bénéficie du statut d’observateur au sein de la commission, qui représente l’Allemagne, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Suisse et l’Union européenne », elle n’est pas le porte-parole « du fleuve lui-même« .
Le programme « Rhin 2040 » adopté en 2020 par la CIPR vise à renforcer la résilience du fleuve face au changement climatique, en prenant en compte la biodiversité, la qualité de l’eau, l’atténuation des risques d’inondation et les mesures de gestion des étiages.
La création d’un « parlement du Rhin » permettrait de défendre les points de vue et intérêts d’un plus grand nombre d’acteurs : les agriculteurs, les entreprises, les ONG, les pêcheurs, les opérateurs de transport et les habitants de la région du Rhin
Daniel Reininger a fait remarquer : « En tant que Rhénan, je bois l’eau du Rhin, donc je suis composé à 70% d’eau du Rhin. », « J’ai une légitimité à défendre le Rhin ».
« Si on veut vraiment adapter le Rhin sur le long terme, il faudra prendre des décisions beaucoup plus sévères que ce qui a été fait jusqu’à aujourd’hui. »
Lire l’article complet sur Euractiv
Sécheresse : pour faire bouger les choses, faisons pression, agissons !
Les chaleurs et la sécheresse que connait à ce jour notre territoire nous impactent et touchent de plein fouet la nature, la faune et la flore. Les oiseaux, mammifères, insectes sont en quête d’eau et de nourriture pour survivre.
Les différents arrêtés préfectoraux fixent le cadre et les niveaux de restrictions sur les différentes zones des bassins versants, des Rieds et du Rhin, en fonction des relevés hydrologiques.
situation des niveaux de sécheresse dans le bas-Rhin actualisée (site Bas-Rhin.gouv)
Arrêté de restriction des usages de l’eau – Bas-Rhin – 5 août 2026
Plusieurs secteurs géographiques sont à ce jour en Alsace au seuil de « CRISE ».
Depuis de nombreuses années ALSACE NATURE dénonce l’absence d’anticipation pour réduire les consommations d’eau et réclame une politique plus ambitieuse pour prévenir notamment ces cas extrêmes. Une action juridique est en cours.
Lors des réunions des Comités de Ressources en Eau nous rappelons, et avec d’autres acteurs, la stricte nécessité de réduire et mieux gérer l’arrosage des champs de maïs qui n’est pas une production pour la sécurité alimentaire. Les conséquences sur la nappe et les rivières sont connues par tous. Il convient de privilégier les producteurs de cultures maraichères, les arboriculteurs pour la consommation locale. Une réforme de la gestion des ressources en eau est nécessaire, faisons pression, des choix sont à faire pour privilégier les habitants des territoires et la biodiversité.
Pour faire bouger les choses, collectivement, agissons !
Plus que jamais soyons vigilants, n’hésitez pas à :
- questionner l’administration et les élus,
- signaler sur SENTINELLE DE LA NATURE les abus et dégradations que vous constatez,
SOYONS ACTEURS !
Pour aller plus loin :
REVUE DE PRESSE
Reporterre, le 07/08/2026 : https://reporterre.net/La-grande-soif-les-chiffres-d-une-secheresse-historique
Rue89 Strasbourg, le 30/07/2026 : https://www.rue89strasbourg.com/ried-monoculture-mais-asseche-nappe-phreatique-niveaux-alarmants-393620
DNA, le 19/07/2026 : https://c.dna.fr/economie/2026/07/18/canicule-et-arrosage-les-critiques-continuent-a-pleuvoir-sur-le-mais-la-nappe-c-est-un-peu-open-bar
La Via Ferrata du Tanet : le projet abandonné
Lors d’une récente réunion du Syndicat Mixte des Stations de la Vallée de Munster, le Préfet du Haut-Rhin, suivant l’avis négatif de l’Autorité Environnementale, a souhaité l’abandon officiel du projet de Via Ferrata sur le site du Tanet. Après avoir fait le forcing pour faire passer ce projet, les élus de la Vallée de Munster ont finalement choisi la voie de la raison. Alsace Nature se réjouit de cette décision qui va dans le sens de l’intérêt général.
C’est un beau succès sur un dossier emblématique, celui du grignotage des Vosges par les activités touristiques. Cette victoire dépasse le seul cas du Tanet. Elle montre que les projets d’aménagement ne sont pas une fatalité et que la nature n’a pas besoin d’être bardée de métal et de câbles pour exister, émerveiller ou être découverte.
Il aura fallu dix-huit années de mobilisation, d’interventions, de vigilance et d’argumentation pour empêcher l’artificialisation de l’un des derniers sites rupestres sauvages du massif vosgien.
Lancé en 2008, le projet d’une via- ferrata sur les falaises du Tanet avait déjà fait l’objet d’un refus préfectoral en 2015 (!) avant de connaître trois tentatives de relance…..
Cette issue ne protège pas seulement un paysage. Elle préserve un milieu naturel sauvage exceptionnel situé à proximité immédiate de la Réserve Naturelle Nationale du Tanet–Gazon du Faing, au contact de plusieurs espaces Natura 2000.
Le Conservatoire d’espaces naturels de Lorraine avait relevé la présence de sept habitats d’intérêt communautaire en bon état de conservation, ainsi que la nidification de la Chevêchette d’Europe et de la Chouette de Tengmalm . Le secteur accueille également l’avifaune rupestre, Faucon pèlerin, Grand Corbeau, Hibou grand-duc et plusieurs espèces de chauves-souris. Le projet aurait introduit câbles, ancrages, passerelles, bruit et fréquentation supplémentaire dans un secteur jusqu’ici peu altéré. Il a rendu un avis négatif.
La flore remarquable était elle aussi directement concernée : Lycopodes, Parnassie des marais, Dactylorhizia de Fuchs..etc. Le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN) avait recensé au moins 41 espèces protégées, tout en estimant que ce nombre était probablement sous-évalué en raison d’inventaires incomplets. Comme le CEN Lorraine, le CSRPN a rendu un avis défavorable.
Le CSRPN avait notamment estimé que cet équipement destiné à un public restreint ne répondait pas à une raison impérative d’intérêt public majeur. Il rappelait qu’une véritable solution alternative consistait à protéger et à valoriser le caractère naturel exceptionnel du Tanet, plutôt qu’à lui imposer un nouvel équipement récréatif.
Félicitons nous que, par la voix de son directeur, le Syndicat Mixte des Stations de la Vallée de Munster confirme la nouvelle orientation prise. Il annonce que « le Tanet est voué à devenir une station tournée vers la nature », avec, entre autres, le démantèlement des remontées mécaniques envisagé en 2027, il est « imprégné par une (nouvelle) philosophie : mieux orienter les visiteurs pour préserver les milieux naturels».
REVUE DE PRESSE
- DNA, le 22/07/26 : https://c.dna.fr/politique/2026/07/22/les-elus-prevoient-un-plan-nature-pour-le-tanet
- L’Alsace, le 27/07/26 : https://c.dna.fr/economie/2026/07/27/le-projet-de-via-ferrata-au-tanet-est-officiellement-abandonne-par-les-elus-locaux
- DNA, le 08/04/2025 : https://c.dna.fr/edition-de-colmar/2015/04/08/il-faut-savoir-renoncer-a-temps
STOP aux décharges illégales
Sentinelles de la Nature, vous connaissez ?
C’est un dispositif de veille environnementale porté par notre fédération France Nature Environnement, auquel Alsace Nature contribue. Très simple d’utilisation, il s’agit d’une carte interactive qui permet de signaler des atteintes à l’environnement ou des initiatives favorables.
Vous le savez mieux que personne : sur le terrain, les décharges sauvages de grande ampleur dégradent nos territoires et nous font souvent nous sentir impuissants. Et si, pour la première fois, nous unissions nos forces à l’échelle nationale pour inverser la tendance ?
Vous êtes intéressés par cette campagne ?
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PRESSE – Le loup, la clé de voûte de l’équilibre naturel
Lorsque que l’on évoque le Loup, le débat se concentre fréquemment sur les conflits qu’il suscite : la prédation, les dégâts sur les animaux domestiques, les attaques sur les troupeaux et les difficultés rencontrées par les éleveurs. Cependant, se limiter à cette seule dimension conduit à oublier son rôle essentiel dans le fonctionnement des écosystèmes et dans la préservation de la biodiversité. Cela peut paraître paradoxal, mais en prélevant certains animaux sauvages, le loup contribue en réalité à préserver l’ensemble de l’écosystème. Comme beaucoup de grands prédateurs, il régule les populations et favorise ainsi la diversité des milieux naturels. De ce fait, le retour naturel du loup constitue une chance pour nos milieux naturels.
Notre fédération reconnaît toutefois pleinement les difficultés socio-économiques, humaines et psychologiques que peuvent subir les éleveurs confrontés à la prédation. C’est pourquoi elle défend la mise en place de mesures d’accompagnement efficaces qui permettent de prévenir au mieux les dégâts sur les animaux domestiques et de soutenir les éleveurs concernés.
Dans un écosystème, chaque espèce remplit une fonction. Comme une pierre qui manque à un édifice, l’absence d’une espèce dans un milieu naturel perturbe et fragilise son fonctionnement. Le loup est ainsi considéré par les scientifiques comme une « espèce clé de voûte », c’est-à-dire une espèce dont la présence influence positivement le fonctionnement de tout un écosystème. Son retour contribue à restaurer des équilibres naturels qui avaient été profondément modifiés par sa disparition.
Alsace Nature regrette que certaines prises de positions publiques entretiennent des idées reçues ou utilisent des termes qui ne correspondent pas à la réalité biologique de l’espèce. Il est scientifiquement inexact de parler de « prolifération » pour cette espèce. Au contraire, sa population ne connaît pas de croissance incontrôlée : elle est naturellement limitée par la disponibilité des territoires, des ressources alimentaires et les interactions entre les individus afin de maintenir un équilibre. Il est tout aussi abusif de parler de « meute » lorsqu’il s’agit de deux jeunes mâles en dispersion, c’est-à-dire d’animaux qui ont quitté leur groupe familial à la recherche d’un territoire.
La présence des loups et plus généralement celle des grands carnivores (Loup, Lynx) contribue à stabiliser les populations d’ongulés sauvages (cerfs, chevreuils, sangliers), ce qui est bénéfique pour les forêts. Inversement, certaines pratiques de chasse tendent à maintenir artificiellement des densités élevées de ces « gibiers » afin de répondre aux objectifs de chasse, ce qui se traduit par une forte pression sur la flore et compromet la régénération naturelle des forêts. Lorsque les populations d’ongulés deviennent trop importantes, les jeunes arbres sont fortement broutés, ce qui empêche le renouvellement naturel de la forêt et appauvrit la biodiversité. C’est un phénomène très largement répandu en Alsace et qui couplé à la fragilité des arbres devant le réchauffement climatique et la sécheresse, apparaît comme une catastrophe dans un avenir très proche, pour le milieu forestier.
Complémentaire à la régulation par la chasse, le retour des grands carnivores devrait être perçu comme un allié pour nos forêts. En effet, leur simple présence modifie le comportement des ongulés, qui se déplacent davantage, restent moins longtemps dans les mêmes secteurs et exercent ainsi une pression moins forte sur la végétation. Les loups et les lynx prélèvent également en priorité des individus affaiblis, malades ou vulnérables, contribuant ainsi au bon état sanitaire des populations sauvages.
Loin d’être un problème pour les écosystèmes, le loup et le lynx sont donc des alliés précieux pour des forêts plus résilientes, une biodiversité plus riche et des équilibres naturels retrouvés (gratuitement !).
PRESSE Droit de réponse – Menaces contre les exploitants du Lang Parc : Alsace Nature condamne tout acte d’intimidation et dénonce un amalgame regrettable
C/ Photo Franck Delhomme-DNA
Le 10 juillet 2026
Communiqué
Alsace Nature condamne avec la plus grande fermeté les menaces et les actes d’intimidation qui auraient été adressés aux exploitants du Lang Parc de Wangenbourg-Engenthal. Aucune divergence de vue sur un projet d’aménagement ne saurait justifier des propos menaçants ou des comportements de harcèlement. Ces agissements sont inacceptables et doivent être traités comme tels.
En revanche, nous regrettons vivement la présentation retenue dans l’article publié par les Dernières Nouvelles d’Alsace du 8 juillet 2026 intitulé « Message menaçant sur Facebook : l’exploitant du Lang Parc porte plainte ».
Après avoir évoqué les « haters et opposants au projet », l’article rappelle, en conclusion, que l’opposition au Lang Parc était portée par un collectif d’habitants et par Alsace Nature. Ce rapprochement entretient une confusion regrettable entre, d’une part, une opposition citoyenne et associative qui s’est toujours exprimée dans un cadre légal, argumenté et non violent, et, d’autre part, des auteurs anonymes de messages haineux ou menaçants.
Depuis le début de ce dossier, Alsace Nature agit exclusivement par les voies démocratiques et légales : participation aux débats publics, expression d’arguments environnementaux, recours administratifs lorsqu’ils sont justifiés.
Notre association, nos bénévoles, sommes d’ailleurs nous-mêmes constamment la cible de messages insultants, agressifs et parfois diffamatoires, notamment sur les réseaux sociaux, mais pas uniquement. Nous savons donc, par expérience, les conséquences de ces comportements et les condamnons sans réserve, quels qu’en soient les auteurs ou les victimes.
Les désaccords sur un projet d’aménagement sont légitimes dans une démocratie. Ils doivent pouvoir s’exprimer dans le respect des personnes et sans que soient confondus des citoyens ou des associations engagés avec des individus auteurs de menaces.
Alsace Nature demande que cette distinction essentielle soit clairement rappelée afin d’éviter toute assimilation injustifiée entre notre association et des comportements que nous réprouvons totalement.
Merci de votre soutien !
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