Selon un article de Florent Servia publié le 27/08/2026, sur Euractiv.com, et intitulé Droits octroyés aux fleuves : le Rhin est le prochain sur la liste, Daniel Reininger, représentant d’Alsace Nature à la Commission internationale pour la protection du Rhin (CIPR) défend l’idée d’octroyer un statut juridique pour le Rhin, ce qui permettrait au fleuve d’être défendu devant les tribunaux.
Pour une personnalité juridique du Rhin
Alors que la sécheresse de cet été 2026 a rappelé la fragilité des rivières et cours d’eau, reconnaître la personnalité juridique au Rhin pour protéger ses intérêts aussi bien pour des questions écologiques qu’économique, devient un enjeu urgent face au changement climatique. Ce statut permettrait à des personnes identifiées par la loi ou un accord international, d’intenter des actions en justice au nom du fleuve.
Rappelons-le, le Rhin est la plus importante voie navigable d’Europe, par laquelle transite environ 300 millions de tonnes de marchandises chaque année. Or, avec la baisse du niveau de l’eau cet été, la capacité de navigation a été très restreinte.
Aux côtés d’autres militants écologistes, Daniel Reininger a déclaré qu’ « Il faudrait rapidement doter le Rhin d’une personnalité juridique« , non seulement pour des raisons économiques, mais aussi sociales et écologiques, le Rhin étant un « écosystème vivant, (dont la) santé est liée à la nôtre. »
Cette idée n’est pas nouvelle et certains Etats ont déjà oeuvré dans ce sens pour reconnaitre une personnalité juridique à certains de leurs fleuves Ainsi, « en 2016, la Cour constitutionnelle colombienne a reconnu le fleuve Atrato comme sujet de droits afin de le protéger contre l’exploitation minière illégale. La Nouvelle-Zélande a emboîté le pas en 2017, en reconnaissant le fleuve Whanganui comme une « entité vivante ». En mai, les conseils municipaux situés le long de la rivière Wye, au Pays de Galles et en Angleterre, ont adopté une charte non contraignante définissant les droits de la rivière, notamment celui de s’écouler librement. »
Daniel Reininger et plusieurs ONG plaident également pour la création d’un Parlement de l’eau du Rhin.
La création en 1950 de la Commission Internationale pour la Protection du Rhin (CIPR), a permis une coordination internationale. Si elle « bénéficie du statut d’observateur au sein de la commission, qui représente l’Allemagne, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Suisse et l’Union européenne », elle n’est pas le porte-parole « du fleuve lui-même« .
Le programme « Rhin 2040 » adopté en 2020 par la CIPR vise à renforcer la résilience du fleuve face au changement climatique, en prenant en compte la biodiversité, la qualité de l’eau, l’atténuation des risques d’inondation et les mesures de gestion des étiages.
La création d’un « parlement du Rhin » permettrait de défendre les points de vue et intérêts d’un plus grand nombre d’acteurs : les agriculteurs, les entreprises, les ONG, les pêcheurs, les opérateurs de transport et les habitants de la région du Rhin
Daniel Reininger a fait remarquer : « En tant que Rhénan, je bois l’eau du Rhin, donc je suis composé à 70% d’eau du Rhin. », « J’ai une légitimité à défendre le Rhin ».
« Si on veut vraiment adapter le Rhin sur le long terme, il faudra prendre des décisions beaucoup plus sévères que ce qui a été fait jusqu’à aujourd’hui. »
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