Microsoft prévoit la création d’un data center sur une emprise de 36 à 70 hectares de terrains agricoles, dont une dizaine d’hectares de terres agricoles biologiques à Petit-Landau près de Mulhouse (68).
Compte tenu du développement accéléré de ces data centers, imposés sans aucune concertation globale et de la gravité des enjeux socio-écologiques qu’ils mettent en jeu, Alsace Nature et Alter Alsace Énergies :
- se déclarent en opposition fondamentale au projet à Petit-Laudau ;
- demandent un moratoire immédiat sur la construction des grands entre-pôts à serveurs ;
- exigent une transparence des projets et un réel débat démocratique.
UN PROJET INUTILE
Le datacenter de Petit-Landau prévoit d’héberger à la fois des données informatiques et de l’Intelligence Artificielle (IA) pour Microsoft, dans 3 bâtiments de 25 m de haut.
Alsace Nature dénonce un projet incompatible avec les objectifs de sobriété énergétique, aux conséquences fortes sur l’environnement et la santé humaine.
UNE CONSOMMATION ÉLECTRIQUE DISPROPORTIONNÉE
Les besoins en électricité sont énormes pour alimenter l’installation (puis-sance 200 MW supérieure à la puissance hydroélectrique d’Ottmarsheim). Le datacenter consommera plus de 1500 GWh/an, soit l’équivalent de 80 %
de la consommation électrique résidentielle de tout le Haut-Rhin, ou encore 100 % de la production solaire du Grand Est !
La sécurisation d’un fonctionnement continu nécessite aussi :
- un raccordement par 2 nouvelles lignes à Très Haute Tension de 225 kV,
- 111 générateurs de secours au fioul (900 MW thermiques), régulièrement mis en marche pour des tests de fonctionnement.
PRODUCTION ET PERTES DE CHALEUR
Les serveurs dégagent une chaleur importante et doivent être maintenus entre 10 et 35 °C. Le projet prévoit 144 refroidisseurs à air pour évacuer cette chaleur à l’extérieur des bâtiments.
- Conséquences : hausse des températures locales et assèchement des milieux déjà fragilisés par le changement climatique.
- Or une solution existe : récupérer cette chaleur pour alimenter des col-lectivités ou des industries voisines. Rien n’est prévu en ce sens.
RISQUES SUR LA RESSOURCE EN EAU
L’imperméabilisation des sols réduira la recharge de la nappe phréatique. Et de nombreuses questions restent sans réponse : Quelle consommation réelle en eau du site ? Quel traitement des pollutions, notamment par les
PFAS, les glycols ? Quelles conséquences pour le Rhin en cas d’incendie ?
POLLUTIONS DE L’AIR, DE L’EAU, DE L’ENVIRONNEMENT
- L’utilisation des 111 générateurs produira une pollution de l’air (NOx, microparticules, COV), de l’eau, des sols, des gaz à effet de serre, des panaches thermiques, et d’importantes nuisances sonores.
- Les systèmes de climatisation utilisent des PFAS (dits « polluants éternels ») qui polluent durablement l’eau et le sol.
- Le trafic routier augmentera fortement avec plusieurs centaines de véhicules par jour (près de 600), dont des poids lourds.
- Le site générera des pollutions lumineuses nuisibles à la faune, à la flore et aux humains.
DESTRUCTION DE TERRES AGRICOLES
Le projet artificialisera près de 40 ha de terres agricoles, dont 11 ha en agriculture biologique, auxquelles il faut ajouter plus de 10 ha pour l’installation du réseau électrique (2 lignes de 225 kV).
RISQUES MAJEURS EN CAS D’INCENDIE
Le stockage de plusieurs tonnes de fioul, la présence de transformateurs, serveurs, lithium, etc. présentent des risques d’incendie, avec des conséquences potentiellement graves pour l’environnement et la santé
humaine. Pourtant, l’étude de danger du projet, considérée comme confidentielle par Microsoft, n’est pas accessible au public.
ENJEUX POUR LA DÉMOCRATIE
Ce projet comporte aussi des risques pour la démocratie. Le data center est destiné à l’IA « générative » très consommatrice de données et d’électricité, pouvant utiliser des données personnelles et sensibles pour produire textes,
images, vidéos ou sons. Croisées avec l’IA, ces données permettent d’établir des profils utilisateur avec des risques pour les libertés individuelles. Dans un contexte où la réglementation européenne est fragilisée, Microsoft ne
garantit aucunement la « souveraineté numérique ».
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