jeudi 3 Avr 2025 | A la une, Forêt, GL Nambsheim, GL Ried Centre Alsace, Nature, Rhin et Milieux alluviaux
Une centaine de personnes se sont réunies à Marckolsheim le 15 février dernier, près de la forêt du Rhin. Alsace Nature organisait un moment de commémoration pour les 50 ans de la lutte contre la destruction de la forêt et l’implantation d’une usine chimique de fabrication de stéarates de plomb.
En septembre 1974, des militants écologistes, des habitants, des paysans, des élus ont occupé le terrain pour éviter l’implantation de cette usine très polluante, prélude à la destruction de plusieurs centaines d’ha de forêt rhénane. Fin février 1975, le terrain occupé a été évacué par les opposants eux-mêmes. En effet, l’Etat venait de renoncer au projet d’implantation des Chemische Werke München (CWM), et même de Bayer, dans la forêt du Rhin.
De l’autre côté du fleuve, la lutte contre le projet de centrale nucléaire de Whyl sera aussi un succès. Sous la pression militante, l’Etat produira en 1978 un Plan (partiel) de protection des forêts du Rhin qui restera lettre morte. Pire, au début des années 1980, le site prévu pour les CWM sera finalement transformé en un immense site (40 ha) de stockage de voitures pour l’entreprise GEFCO. En 1990, nouvelle poussée d’industrialisation avec le projet Jungbunzlauer, une usine de fabrication d’acide citrique. La mobilisation sera forte mais n’empêchera pas l’implantation de l’usine au nord de GEFCO sur une surface d’environ 20 ha. Mais les manifestants obtiendront la protection définitive des forêts alluviales rhénanes restantes, y compris celles encore classées en zones industrielles (sauf la forêt de Nambsheim). C’est ce qu’on appellera “les accords de Marckolsheim”.
Ce 15 février 2025, sur le site de cette ancienne “ZAD”, anciens opposants, habitants de Marckolsheim et militants d’aujourd’hui se sont réunis pour célébrer l’anniversaire de cette victoire populaire contre l’industrialisation et la destruction des milieux naturels. Plusieurs personnes ayant participé à l’occupation, “les anciens de Marcko”, ont pris la parole pour témoigner de la lutte. L’occasion de rappeler le rôle qu’ont joué ces mobilisations dans la mise en place des programmes de restauration actuels et l’importance toujours actuelle de l’engagement associatif et de la désobéissance citoyenne.
Maurice Wintz, ancien président d’Alsace Nature, (qui n’était pas présent en 1975) évoque l’évolution du regard sur les forêts rhénanes. Il rend hommage aux femmes et hommes qui ont bravé les autorités, le froid, la boue et les sarcasmes pour porter une autre vision du monde. “Les événements de Marckolsheim montrent que les engagements citoyens sont efficaces et nécessaires. C’est cette occupation, et les manifestations qui ont suivi, qui ont conduit à transformer le regard sur les forêts rhénanes, qui sont passées du statut de réserve foncière à industrialiser à celui de patrimoine écologique à protéger et à restaurer. “. Marckolsheim témoigne du changement de regard, porté notamment par les « nouveaux mouvements sociaux », quant aux enjeux démocratiques et écologiques dans le contexte d’un modèle social marqué par le productivisme.
Badois et alsaciens, de part et d’autre du Rhin, ont unis leurs forces face à cette problématique commune, partageant alors leurs similitudes culturelles, 30 après la fin de la guerre. Axel Mayer, ancien directeur de l’association allemande Bund, témoigne : “Nous avons occupé la place à l’époque. Nous, les Allemands, nous vous avons soutenus, vous les Français. Plus tard, à Wyhl, vous nous avez aidés. C’était froid, boueux, sale, fatigant, laborieux, romantique, beau et important. La lutte et l’occupation illégale ont payé. Ces succès ne sont pas tombés du ciel. Cela a valu la peine de se battre”.
“Les femmes ont joué un rôle primordial dans les luttes contre l’installation de la CWM. Des mères de familles, des grands-mères, fichus sur la tête, occupaient le site, parfois en tricotant,” raconte Andrée Buchmann, étudiante à l’époque et aujourd’hui membre du parti écologiste. Le terrain a été défendu par des paysans, des étudiants, des personnes âgées, des enfants, des ouvriers, des universitaires, des artistes. La lutte contre la CWM a fédéré des alsaciens de tous horizons.
Au micro d’Alsace Nature, Raymond Schirmer raconte comment l’engagement dans la lutte était un vecteur d’épanouissement. Il souligne aussi que la non-violence était le mot d’ordre des deux luttes de Marckolsheim et de Wyhl. Pour lui, la mémoire des événements de Marckolsheim doit être une mémoire vivante, et saisie comme un exemple de désobéissance civile effective et joyeuse. Une leçon face aux défis actuels.
Marckolsheim, c’est aussi un bouillonnement artistique/culturel. Au sein de la Frendschaft’s Huss, la maison de l’amitié, construite en dur sur le site, on joue de la musique et on partage des poèmes en français, en allemand et en alémanique. 50 ans plus tard, le groupe entonne le chant Wacht am Rhein au son de la guitare de Roland Burkhart.
Antoine Waechter, qui a été, avec Solange Fernex, l’un des premiers à franchir les barrières pour occuper le chantier rend compte du contexte politique de l’époque et d’une conjonction d’événements et de prise de position de personnalités (l’évêque de Strasbourg, le préfet, le président du Port Autonome…) qui ont finalement joué en faveur des occupants.
Armand Peter évoque à son tour la belle convergence, dans les années 1970, entre les culturels alsaciens et le mouvement écologique en gestation. André Weckmann, auteur de poèmes en dialecte dont la Fahrt nach Wyhl, ou les musiciens comme Edouard Bauer, François Brumbt ou Sylvie Reff sont engagés dans la lutte. Les événements de Marckolsheim ont lancé des dynamiques culturelles, militantes écologistes et politiques en Alsace à cette période.
Jean de Barry, quant à lui, met cette lutte en perspective en articulant les processus d’industrialisation centralisés et destructeurs et les résistances locales et légitimes de défense des lieux de vie.
Pour finir, Aline Martin a lu Aliénation de André Weckman, ainsi que Fahrt nach Wyhl.
A la suite des témoignages, le groupe s’est baladé dans la forêt rhénane, aujourd’hui préservée pour observer les pertes et les perspectives de restauration. Le milieu a perdu son fonctionnement naturel, lié aux divagations du fleuve, au moment de la canalisation du Rhin. Si les espèces végétales pionnières sont moins présentes, ce milieu forestier humide garde un grand intérêt écologique. Une richesse pour l’Alsace, dont nous devons la préservation aux mobilisations de la population.
Revue de presse :
lundi 31 Mar 2025 | A la une, Agriculture et nature vivante, Nature, Réseaux Thématiques
Les haies apportent de nombreux bénéfices pour l’environnement et l’agriculture. Elles offrent de l’ombre au bétail, servent de réserves fourragères estivales, d’habitat pour la biodiversité, elles permettent de maintenir la structure des sols pour lutter contre l’érosion, favorisent l’infiltration de l’eau et améliorent sa qualité ; elles participent aussi au patrimoine paysager. Cependant, elles disparaissent de plus en plus vite : 23 500 km de haies ont disparu chaque année au cours de la dernière décennie (contre 11 500 km par an les dix années précédentes, selon un rapport du CGAAER de 2023).
Pour préserver et valoriser le réseau de haies, les associations du mouvement FNE vous invitent à vous mobiliser pour les haies à partir du 20 mars, à travers la campagne Sentinelles de la Haie !
Sentinelles de la Haie, à quoi ça sert ?
L’objectif est de recenser les actions positives pour les haies (inventaires, atlas de la biodiversité communale, gestion agricole exemplaire, préservation dans les documents d’urbanisme, plantations, etc.). La campagne permet aussi de recueillir les atteintes qui leur sont causées au printemps (arrachages, taille inadaptée en pleine nidification, destruction de talus, …).
Concrètement, comment agir ?
Vous pouvez participer de plusieurs manières :
- Parlez de la campagne autour de vous, à vos amis, vos collègues, vos associations, vos élus ;
- Imprimez et diffusez le flyer de la campagne autour de vous ;
- Contribuez à l’inventaire des actions positives et des atteintes printanières faites aux haies, sur notre outil Sentinelles de la nature ;
- Participez aux webinaires, en vous inscrivant ici pour en savoir plus sur la campagne. Ne manquez pas le webinaire de lancement, le 20 mars à 18 h !
Rendez-vous sur le site de la campagne Sentinelles de la Nature qui sera régulièrement mis à jour dès son lancement, ainsi que sur le kit Sentinelles de la Haie et sur le Wiki Haies pour en savoir plus sur les réglementations qui protègent les haies.
Je participe à la campagne !
mercredi 26 Mar 2025 | A la une, Eau et zones humides, GL Bruch Ried, GL Ried Centre Alsace, Groupes Locaux, Nature, Réseaux Thématiques, Rieds
Dans le cadre des 60 ans d’Alsace Nature, avec les associations Bulle du Ried et la LPO Alsace, nous vous invitons à un rassemblement convivial et engagé ! Pour la préservation des Rieds et le retour du Courlis, espèce emblématique de ces milieux.
Le Courlis cendré est bien plus qu’un oiseau : il a été le témoin vivant des Rieds alsaciens, un symbole de notre patrimoine naturel. Il y a 50 ans, plus de 300 couples nichaient encore dans nos prairies humides. Aujourd’hui, ils ne sont plus que cinq… à peine. À ce rythme, dans 2 ou 3 ans, il ne restera plus qu’un souvenir.
Les associations de protection de la nature n’ont cessé d’alerter sur cette disparition imminente. Malheureusement aucune action d’ampleur n’a été mise en place pour sauver cet oiseau et les mesures pour préserver son habitat restent insuffisantes. Pourtant les causes sont connues et les solutions possibles. Sauver les Rieds, spécificité alsacienne et joyaux de notre patrimoine naturel, passe uniquement par la reconquête des milieux prairiaux.
Il est urgent d’agir, maintenant !
Face à cette situation critique, nous refusons de rester spectateurs. Nous avons besoin de vous. C’est pourquoi, avec le soutien de la municipalité d’Herbsheim, nous organisons une grande mobilisation pour sensibiliser les élus, les acteurs territoriaux et le monde agricole à l’urgence de la situation.
Rendez-vous le samedi 5 avril à 16h à la salle polyvalente « Le Courlis » d’Herbsheim pour une rencontre à la fois engagée et conviviale.
Votre présence est essentielle.
Ensemble, faisons entendre notre voix et celle du Courlis cendré, des Rieds et de la Nature qui nous reste…
Au programme :
- prises de paroles des représentants associatifs et élus
- gonflage de la montgolfière de la Bulle du Ried
- projection de film
- petite restauration sur place auprès des associations
- stands
mardi 11 Mar 2025 | Nature, Réseaux Thématiques
Aux côtés de la LPO Alsace, ALSACE NATURE participera à l’opération « La nature en deuil ».
Nous vous invitons à nous rejoindre, massivement,
jeudi 13 mars, entre 12h et 14h place Kléber, à Strasbourg.
Pour marquer l’évènement, n’hésitez pas à venir avec :
- une pancarte avec un slogan dénonçant les reculs en cours
- un masque d’animal
Les représentants associatifs présents prendront également la parole devant la presse, pour alerter sur les conséquences pour la biodiversité de la loi d’orientation agricole.
Face aux régressions sur la protection de l’environnement, la nature est en deuil
Le projet de « Loi d’orientation pour la souveraineté en matière agricole et le renouvellement des générations en agriculture » vient d’être voté par le Parlement. En dépit de la forte mobilisation des acteurs de la protection de la nature, le contenu de cette loi entérine une régression encore jamais atteinte d’acquis obtenus en faveur de la nature.
Même si le Conseil constitutionnel a été saisi par une soixantaine de députés (LFI/EELV) et pourrait faire tomber certaines dispositions du texte, nous serons confrontés prochainement à la proposition de loi des Sénateurs Duplomb et Menonville, visant à « lever les contraintes pesant sur le métier d’agriculteur » (« PPL Duplomb »). Ce projet de loi prévoit des reculs plus importants encore pour la protection de l’environnement, en particulier pour les zones humides.
Face à cette régression sans précédent en matière de protection de l’environnement, et sachant que le modèle agricole actuel est l’une des principales causes de l’effondrement de la biodiversité, nous ne pouvons rester silencieux.
Lire le communiqué commun des associations de protection de la nature*
*Communiqué commun France Nature Environnement, ASPAS, Fondation pour la Nature et l’Homme, Humanité & Biodiversité, LPO, OPIE, Société herpétologique de France, SNPN, SFEPM, WWF
jeudi 20 Fév 2025 | A la une, Vie associative
Choquées par les récents propos du 1er ministre, de divers représentants de la classe politique et d’une partie de la profession agricole, les associations alsaciennes de protection de la Nature tiennent à assurer à l’ensemble du personnel de l’Office français de la biodiversité tout leur soutien.
Le travail effectué par l’OFB couvre des missions très diverses allant de la police de l’environnement à la surveillance des maladies de la faune sauvage ou à la gestion d’espaces naturels (les réserves de chasse et de faune sauvage).
L’OFB accompagne les acteurs du territoire pour mieux prendre en compte les enjeux de la biodiversité. Les contrôles concernent le monde agricole, la pratique de la chasse mais aussi les centres de soins gérés par nos associations. Tous ces contrôles sont nécessaires dans le respect des lois de la République !
La défense de l’air, de l’eau, des sols, de la faune et de la flore sont des missions essentielles et d’intérêt général. Les agents de l’OFB sont le thermomètre de notre société et il n’est pas sérieux de vouloir effacer le symptôme plutôt que de soigner la maladie. A ce titre les effectifs de l’OFB sont bien insuffisants pour assurer l’ensemble de ces tâches et c’est donc un renforcement de l’OFB que nous appelons de nos vœux.
L’ensemble des bénévoles des associations de protection de la nature sont aux cotés des agents dans cette période difficile.
Signataires :
AGAPE (Association Griesheimoise d’Action Pour l’environnement).
Michèle Grosjean pour Alsace Nature
APELE Nature
Asapistra (Association apicole de Strasbourg), le Conseil d’Administration
Michel Rousseaux pour l’Association pour la culture Bio-Dynamique d’Alsace et de Lorraine
ASEPAM (Association Spéléologique d’Étude et de Protection des Anciennes Mines)
ASTUS (Association des usagers des Transports Urbains de l’agglomération Strasbourgeoise)
Gilbert Quirin pour l’ASVI (Association de Sauvegarde de la Vallée de l’Isch)
Vincent Noël pour BUFO
Frédéric Deck pour le Conservatoire d’espaces naturels d’Alsace
Christophe Chemin pour Environnement Brunstatt Didenheim (anciennement APEBD)
Association Éthosph’R
Christelle Brand, pour le GEPMA
Richard Wehrlé, pour le GERRIS – Groupe d’Étude Ried Illwald et Région de Sélestat
Christian Rust pour IMAGO
Yves Muller pour la LPO Alsace
Association Nature et Vie
Françoise Chanteux pour NatuRhena
Association Un jardin Passionnément
Michel Hoff pour la SBA (Société Botanique d’Alsace)
Association Zéro Déchet Strasbourg
mercredi 5 Fév 2025 | Déchets, GL Nambsheim, Groupes Locaux, Nucléaire, Pollutions et santé, Réseaux Thématiques, Risques industriels
Dans le cadre du débat organisé par la Commission Nationale du débat public (CNDP), Alsace Nature a envoyé sa contribution au cahier des acteurs. Nous remercions toutes les personnes qui, suite à notre appel, nous ont envoyé leurs arguments et nous ont aidé à rédiger cette contribution.
Dans cette contribution, nous rappelons notre opposition à ce projet industriel contradictoire et inutile. Il ne fait qu’entretenir un système de développement du nucléaire au détriment de l’investissement dans le domaine des énergies renouvelables. Des solutions alternatives existent.
Nous avons présenté les arguments suivants :
1) La santé des citoyens sacrifiée au profit de la filière nucléaire
- La libération sur le marché conventionnel de l’acier recyclé présente des risques sous-estimés
- Le Technocentre traitera des déchets à la fois TFA et FMA (Très Faiblement Actifs et Faiblement-Moyennement Actifs)
2) La localisation à Fessenheim, un non-sens sur le plan environnemental
- Le site est situé dans une zone sismique et inondable
- Un très mauvais bilan carbone et des risques routiers
- La bande rhénane déjà très industrialisée
3) Le projet du Technocentre : un gouffre financier
4) Des alternatives au recyclage existent, moins impactantes, moins coûteuses, et sans risque sanitaire
- Les avantages attendus du recyclage sont minimes
- Le stockage est une solution possible
- Autres alternatives possibles
5) En conclusion
La Cour des Comptes vient de cibler l’absence de calcul de rentabilité dans les projets nucléaires présentés par EDF (EPR et Flamanville) Documents | Cour des comptes. Peut-être demain le Technocentre de Fessenheim sera-t-il visé !
Ce Technocentre est un projet du passé : grande infrastructure centralisée, course au gigantisme, investissement démesuré qui ne sera pas rentable et nécessite un développement de débouchés sans prise en compte des risques réels, pour tenter d’amortir son coût. On est loin d’une logique
d’économie circulaire !
Aucun risque pour la santé ne peut être accepté.
Les gouvernants engagent leur responsabilité.
Il ne s’agit pas ici d’une dérogation ciblée, mais d’un système organisé conduisant à une dissémination radioactive IRRÉVERSIBLE dans le domaine public sans traçabilité des produits recyclés, et donc sans responsable ! On peut s’étonner du manque de lucidité de nos dirigeants, ont-ils seulement
conscience des risques qu’on leur – peut-être -cachés ?
Derrière les discours lénifiants, il reste des zones d’ombre inacceptables. Comme tous les déchets, le « meilleur déchet » est celui que l’on ne produit pas.
Pour toutes ces raisons, la Fédération ALSACE NATURE dit NON au Technocentre de Fessenheim !
Lire la contribution en entier
vendredi 31 Jan 2025 | A la une, GL Ried Centre Alsace, Groupes Locaux, Nature, Pollutions et santé, Réseaux Thématiques, Vie associative
Nous vous invitons à une Balade commémorative
le samedi 15 février 2025 à 14h
à Marckolsheim
RDV au niveau de l’Antenne hertzienne (cf plan ci-dessous)
Marckolsheim, fin février 1975 : le terrain occupé depuis septembre 1974 par des habitants et des militants autour de la Frendschafts Hüss pour protester contre un projet d’implantation d’une usine de stéarates de plomb, est évacué par les opposants eux-mêmes.
L’Etat vient de renoncer au projet d’implantation des Chemische Werke München (CWM), et même de Bayer, dans la forêt du Rhin. L’abandon, partiel, au début des années 1970, de ces projets d’industrialisation lourde sous la pression populaire témoigne du changement de regard, porté notamment par les « nouveaux mouvements sociaux », quant aux enjeux démocratiques et écologiques dans le contexte d’un modèle social marqué par le productivisme.
De l’autre côté du fleuve, la lutte contre le projet de centrale nucléaire de Whyl sera aussi un succès.
Ces luttes ont conduit à ce que les forêts alluviales rhénanes, considérées par les aménageurs de l’époque comme de la surface à industrialiser, soient progressivement reconnues par les acteurs publics comme un patrimoine à protéger, voire même à restaurer. Comme en témoignent les Plans Rhin vivant portés aujourd’hui par les collectivités.
A l’occasion du cinquantième anniversaire de l’abandon du projet CWM, Alsace Nature souhaite rappeler l’importance de ces luttes dans cette évolution (il aura fallu de nouvelles manifestations déterminées en 1990 à Marckolsheim pour que la protection des forêts rhénanes devienne effective) , et combien cette vigilance citoyenne reste nécessaire aujourd’hui, notamment à l’heure des « plans de relance » et de la recherche d’une croissance économique dans un contexte de mondialisation économique tendu.
Pour ce faire, nous vous invitons à une balade commémorative, en présence de personnes ayant participé à cette occupation. Ce sera l’occasion de revenir sur les moments forts de la lutte, et sur l’intérêt écologique des forêts rhénanes préservées.
Cliquer sur les images pour agrandir
photos : Meinrad Schwörer
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Gedenkspaziergang – 15. Februar 2025
14:00 Uhr – „Tour hertzienne“
MARCKOLSHEIM
50 Jahre danach. Eine der ersten ZAD in Marckolsheim – Als das Elsass NEIN sagte!
Marckolsheim, Ende Februar 1975: Das Gelände, das seit September 1974 von Bewohnern und Aktivisten rund um das Frendschafts Hüss besetzt war, um gegen eine geplante Ansiedlung einer Bleistearatfabrik zu protestieren, wird von den Gegnern selbst geräumt. Der Staat hatte gerade auf die geplante Ansiedlung der Chemischen Werke München (CWM) und sogar von Bayer im Rheinwald verzichtet. Eine Kopie der Frendschafts Hüss wird auf der anderen Seite des Rheins aufgestellt, um den Kampf gegen das geplante Atomkraftwerk in Whyl erfolgreich zu unterstützen.
Die teilweise Aufgabe dieser Schwerindustrialisierungsprojekte Anfang der 1970er Jahre unter dem Druck der Bevölkerung zeugt von einem veränderten Blickwinkel, der insbesondere von den „neuen sozialen Bewegungen“ auf die demokratischen und ökologischen Herausforderungen im Kontext eines vom Produktivismus geprägten Gesellschaftsmodells eingenommen wurde.
Diese Kämpfe haben insbesondere dazu geführt, dass diese Rheinauenwälder, die von den damaligen Planern als zu industrialisierende Fläche betrachtet wurden, nach und nach von den öffentlichen Akteuren als schützenswertes und sogar wiederherzustellendes Erbe anerkannt wurden. Davon zeugen die Pläne für einen lebendigen Rhein, die heute von den Gebietskörperschaften getragen werden.
Anlässlich des Jahrestages der Aufgabe des CWM-Projekts möchte Alsace Nature daran erinnern, wie wichtig diese Kämpfe für diese Entwicklung waren (es bedurfte neuer entschlossener Demonstrationen im Jahr 1990 in Marckolsheim, damit der Schutz der Rheinwälder wirksam wurde) und wie notwendig diese Wachsamkeit der Bürger auch heute noch ist, insbesondere in der Zeit der „Konjunkturprogramme“ und der Suche nach Wirtschaftswachstum in einem angespannten wirtschaftlichen Globalisierungskontext.
Zu diesem Zweck laden wir Sie zu einem Gedenkspaziergang ein, bei dem Personen anwesend sein werden, die an dieser Besetzung beteiligt waren, sowohl auf elsässischer als auch auf badischer Seite.
Dies wird die Gelegenheit bieten, auf die Höhepunkte des Kampfes und die ökologische Bedeutung der erhaltenen Rheinwälder zurückzukommen.
jeudi 30 Jan 2025 | Recrutement, Services civiques
ACTIONS AU QUOTIDIEN
Le/la volontaire, au côté des chargées de missions, réalisera les missions suivantes :
- – Suivis naturalistes (observation des individus et/ou des indices de présence) de certaines espèces de mammifères (Blaireau, suivi par pièges-photographiques des espèces,
participation aux comptages de colonies de chauves-souris, participation aux prospections sur le Castor d’Eurasie, etc.) ;
- Coordination du réseau « Blaireau », sous l’encadrement des chargées de missions ;
- Saisies et exploitations des données (participation à l’élaboration des bilans, réalisation de cartes, saisie de données sous excel, etc.) ;
- Participation à la réalisation d’outils de sensibilisation / communication / outils pédagogiques ;
- Participation à des animations grand public (sorties, conférences, stands, ateliers, etc.) ;
- Contribution à la vie associative (animation du réseau de bénévoles, participation aux réunions, etc.).
Le/la volontaire devra être autonome, dynamique et motivé.e.
Les missions proposées incluent des jours de travail sur le terrain, parfois le soir et/ou le weekend, mais aussi du travail de bureau pour aider à la coordination et la réalisation d’outils.
Profil recherché :
- Connaissances de base en SIG
- Esprit d’équipe – Bon relationnel
- Autonomie et organisation
- Connaissance des outils de communication et graphisme (apprécié)
- Permis B (apprécié)
La mission devra débuter en juin 2025 (date exacte à convenir). La durée du volontariat est de 8 mois (juin 2025 – février 2026). Fin de réception des candidatures au 31/03/2025.
FORMATIONS OBLIGATOIRES
Pendant sa mission, le volontaire bénéficie de la formation certifiante PSC1 pour acquérir les gestes de premiers secours et d’une formation civique et citoyenne (contenu et format variables selon l’organisme d’accueil : conférence, débat…). Ces deux formations doivent obligatoirement être organisées par l’organisme d’accueil et réalisées pendant la période d’engagement en Service Civique.
TUTORAT ET ACCOMPAGNEMENT
Le volontaire est également accompagné par un tuteur référent au sein de l’organisme d’accueil pour mener à bien sa mission. Le tuteur aide également le volontaire à réfléchir à son projet d’avenir à l’issue de son Service Civique et réalise son bilan nominatif.
CAPACITÉ D’INITIATIVE
Le volontaire en Service Civique peut-être force de proposition et faire évoluer le contenu de sa mission.
CETTE MISSION EST PROPOSEE PAR
Le GEPMA (Groupe D’Etude Et De Protection Des Mammifères D’Alsace) – https://gepma.org/
Le Groupe d’Etude et de Protection des Mammifères d’Alsace est une association à but non lucratif qui a pour objet de promouvoir la connaissance et la protection des mammifères sauvages et de leurs habitats en Alsace. Créé en 1993 à l’initiative de chiroptérologues alsaciens, le GEPMA développe son action selon trois grands axes :
- la connaissance : par la mise en place de groupes de travail thématiques, la gestion d’une banque de données, la publication d’articles et d’ouvrages scientifiques, l’expertise dans le domaine des mammifères, etc
- la protection : par l’élaboration de programmes d’actions pour la protection d’une espèce (grand hamster ou castor par exemple) ou de groupes d’espèces (chiroptères, etc.), le soutien aux grands dossiers liés à la préservation des habitats en Alsace (Natura 2000 etc.), la participation à diverses commissions administratives liées à des problématiques mammalogiques, la préservation, l’aménagement et la gestion de sites sensibles, etc.
- la sensibilisation : par la mise en place d’animations et la création de supports pédagogiques sur les mammifères (expositions, montages audiovisuels, stages, visites guidées, plaquettes d’information, etc.) pour répondre aux sollicitations des scolaires ou du grand public.
EN PRATIQUE
- 1 volontaire recherché
- Accessible aux plus de 18 ans uniquement
- 32h par semaine
MODALITES
Les candidatures sont à faire parvenir par mail à l’adresse contact@gepma.org avant le 05 avril 2024 en précisant « Volontariat Service Civique » en objet.
Il est également possible de candidater via le portail https://www.service-civique.gouv.fr/etre-volontaire .
POUR PLUS D’INFORMATIONS
Aurélie BISCH, chargée de missions
06 51 23 23 80
mardi 28 Jan 2025 | Pollutions et santé, Réseaux Thématiques, Transports
Le journaliste Hugo Clément pour son émission « Sur le front », et Luc Huber membre d’Alsace Nature et du collectif GCOnonmerci, ont pris des camions étrangers en filature. Cela a permis de confirmer ce qu’on redoutait : malgré le péage du GCO, des milliers de camions étrangers font un détour par la France, en rallongeant leur trajet, pour éviter de payer l’écotaxe allemande. (…) Une écotaxe devrait être mise en place prochainement en Alsace, mais elle restera moins élevée qu’en Allemagne.
Environ 3000 camions par jour traversent l’Alsace pour ne pas payer la taxe allemande LKW-Maut
Des milliers de camions étrangers font un détour par la France, en rallongeant leur trajet, sans s’arrêter chez nous ! Ils polluent dans notre pays, abîment les routes, génèrent des nuisances, sans rien apporter à notre économie.
Pourquoi ? Tout simplement pour éviter de payer l’éco taxe allemande. Eh oui, notre pays laisse les camions étrangers circuler gratuitement alors qu’ils doivent payer une contribution environnementale chez nos voisins…
On estime à environ 3000 le nombre de camions qui chaque jour font le détour par l’A35 en Alsace pour éviter de payer la taxe allemande.
Le chauffeur de poids-lourd allemand, interrogé par Luc Huber, après son passage par la France et son retour en Allemagne, explique qu’il fait ce détour 3 ou 4 fois par semaine, à la demande de son employeur. Il estime, qu’en passant par la France, Il économise entre 50 et 60 euros par trajet et jusqu’à 250 euros par semaine.
Des taxes mises en place dans la plupart des pays européens
Déclinaison de la directive européenne « Eurovignette » de 1999, adoptée avec le vote de la France et publiée au Journal officiel du 9 juin 2006, la taxe poids lourds, destinée notamment à participer au financement de l’entretien du réseau routier et du développement du rail, tout en réduisant la pollution de l’air, est présent dans une quinzaine de pays d’Europe, parfois depuis le début des années 2000, sous des formes différentes.
La Suisse est le premier pays européen à avoir adopté une écotaxe en installant, dès 2001, portiques et boîtiers pour réduire la pollution répandue chez elle par les poids-lourds européens. La taxe helvétique est en moyenne de 1 € / km. Mais le montant dépend du poids du véhicule, du kilométrage parcouru et de ses émissions polluantes.
En 2004, l’Autriche a suivi l’exemple de son voisin suisse et lancé une écotaxe sur les poids lourds de plus de 3,5 tonnes sur ses autoroutes et voies express. L’argent récolté va aux infrastructures routières et au réseau ferroviaire.
En 2005, l ’Allemagne a instauré à son tour l’écotaxe – LKW-Maut -, d’abord sur les camions de plus de 12 tonnes. Depuis 2015, ce sont tous les véhicules poids lourds de plus de 7,5 tonnes circulant sur les autoroutes et certaines routes fédérales allemandes qui doivent s’acquitter des taxes de péage. Depuis le 1er juillet 2018, l’écotaxe allemande concerne aussi toutes les nationales. Le montant du péage, en moyenne de 0,34 € par km, dépend de la classe de polluant, du nombre d’essieux et de la longueur du trajet.
Il existe aussi une taxe poids lourds en Belgique, en Pologne, en Slovaquie, en République thèque, au Portugal et en Grande-Bretagne. La Suède, le Danemark, les Pays-Bas, le Luxembourg ont opté pour a mise en place d’une eurovignette.
Et, en France ?
La collectivité européenne d’Alsace (CEA) a approuvé le 21 octobre 2024 le principe de la mise en place de la taxe poids lourds R-Pass. Cette taxe devrait être mise en place fin 2026 ou début 2027.
Les paramètres du dispositif ne seront définitivement fixés que fin 2025 après une nouvelle phase de dialogue que la CEA souhaite mener avec les acteurs locaux.
A priori, le réseau taxé comprendrait l’autoroute non concédée A35, le tronçon non concédé de l’A36 (du point frontière d’Ottmarsheim à la sortie 16 b/Lutterbach), la RD 504, qui relie l’A35 au point frontière d’Iffezheim, et la RD 502, qui relie l’A35 au point frontière de Gambsheim.
Tous les poids-lourds de transport de marchandises de plus de 3,5 tonnes seraient concernés, sauf – comme le prévoit la loi – pour les véhicules de la défense nationale, de la protection civile, des sapeurs-pompiers et des forces de l’ordre, poids lourds affectés à l’entretien des routes, camions de collecte de déchets ménagers, tracteurs agricoles, collecte de lait, transport d’animaux, transport de récoltes agricoles vers les silos, etc.
D’autres exonérations sont également envisagées par la CEA notamment pour les véhicules de moins de 7,5 tonnes propulsés au gaz ou à l’électricité, pour les véhicules de collection ainsi que pour certains types de véhicules relevant des filières du bâtiment, des travaux publics, de l’industrie foraine, du transport de fonds et des activités équestres.
Pour l’instant, la CEA propose un tarif moyen de 15 centimes/km. Pour un trajet Bâle-Lauterbourg, la contribution moyenne serait donc d’environ 27 euros. A cela s’ajoute le péage de l’A355 (Grand contournement ouest de Strasbourg, 24 km) , un itinéraire obligatoire pour le transit. Les tarifs y sont modulés avec un montant moyen de 60 centimes/km, soit environ 14 euros. Ce qui ferait en moyenne 41 euros pour un trajet Bâle-Lauterbourg de 193 km. En passant par l’Allemagne, le conducteur de poids-lourd devrait s’acquitter de 65 euros en moyenne pour ce même kilométrage, pour un temps à peu près équivalent.
En conclusion,
La taxe R-Pass proposée par la CEA est une bonne chose mais, telle qu’elle est envisagée, n’aura qu’un faible impact pour limiter le trafic de transit en Alsace. Tant qu’elle restera nettement moins chère que la LKW-Maut, les poids lourds étrangers continueront de passer par l’Alsace qui se transforme progressivement en couloir à camions. Les associations environnementales ont régulièrement alerté les élus de la CEA sur ce point, mais c’est sans compter sur le poids des lobbys !
Voir la video « Sur le front » diffusée le 21 janv 2025 (disponible jusqu’au 25/06/2025)
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vendredi 17 Jan 2025 | Déchets, GL Nambsheim, Groupes Locaux, Nucléaire, Pollutions et santé, Réseaux Thématiques, Risques industriels, TOUT SAVOIR SUR
Qu’est-ce que le projet de Technocentre à Fessenheim ?
Comme vous le savez peut-être, EDF a l’intention de construire à Fessenheim son “Technocentre”. Derrière ce nom délibérément trompeur, se cache en réalité le projet d’une usine destinée à refondre des métaux radioactifs provenant des centrales nucléaires de la France entière et, à terme, d’autres pays européens : des conduites, tuyauteries, pompes ou générateurs de vapeurs (longueur 20m / diamètre 4m) etc… tous radioactifs.
Cette usine serait un centre de fusion-valorisation à four électrique à 3 étages :
- Découpe et décontamination
- Fusion et décrassage du laitier
- Refusion et mise en forme des lingots (à la demande du client)
À l’issue du processus de refonte envisagé, l’acier serait séparé en deux parties :
- d’une part le métal chargé d’impuretés (dit le “laitier”) dans lequel se retrouverait piégée une part importante de la radioactivité. Cette partie serait évacuée pour stockage par l’ANDRA (dans l’Aube).
- d’autre part, la partie la plus importante en volume de l’acier, qu’EDF prétend “valoriser” : celle-ci serait tout simplement revendue par EDF sous forme de lingots sur le marché de l’acier… sans aucune traçabilité !
Or, bien que “très très peu radioactif”… cet acier serait quand même radioactif !
EDF minimise délibérément les risques réels des “faibles doses”.
À quand des casseroles radioactives, des fourchettes radioactives, des sommiers radioactifs ou des caddies radioactifs ?
Les métaux TFA : Très Faiblement Radioactifs ?
Pour EDF, « les métaux TFA sont stockés dans « un centre dédié alors qu’une part significative d’entre eux présente un niveau de radioactivité extrêmement faible et pourrait être valorisé ».
Or, TFA, cela signifie une radioactivité 250 fois plus grande que la radioactivité naturelle en Alsace.
Quelques chiffres :
- Le coût de ce Technocentre est estimé à 450 Millions €, mais on sait que EDF dépasse toujours les prévisions.
- Selon les chiffres de EDF, le Technocentre (20 000 tonnes par an) devrait fonctionner « au –delà de 40 ans, alors que « gisement » français de métaux TFA (492 000 tonnes) ne permet pas une telle durée…
- Le Technocentre « libérera » environ 20 000 tonnes de lingots par an. Sans traçabilité.
Avec le technocentre, l’illusion du nucléaire « recyclable ».
D’après les documents de EDF, le Technocentre, en mettant en vente des métaux partiellement décontaminés, serait écologique? « La production d’acier secondaire issue du recyclage, consomme 40% d’énergie en moins et émet 57 % de gaz à effet des serre de moins que sa production par extraction minière. »
C’est vrai, mais puisque EDF aime les chiffres,
- Le Technocentre de Fessenheim, avec les 20 000 tonnes d’acier ou de fonte qu’il produirait, représentera un millième de la production totale en France (plus de 16 millions de tonnes)
- La production française d’acier repose pour près de la moitié sur le l’acier recyclé. Et donc, la production du Technocentre ferait à peine, 0,23 % de l’acier secondaire en France
- Il faudrait aussi évaluer l’énergie et les émissions de gaz à effet de serre dues aux transports (fluviaux, maritimes ou routiers) pour apporter ces déchets radioactifs au Technocentre
Au vu de tels résultats, cela vaut‐il les 500 millions de dépenses et les risques pour l’Alsace ?
- Le traitement de 1000 tonnes de métaux TFA génère environ 240 tonnes de déchets FAMA (Faiblement radioactifs), c’est‐à‐dire entre 10 et 100 000 fois plus radioactif que les TFA (chiffres de EDF).
- EDF reconnaît que le démantèlement de la centrale nucléaire de Fessenheim va générer 405 650 tonnes de déchets (au total) dont 20 650 tonnes de déchets radioactifs. Et sur ces 20 650 tonnes, environ 6000 tonnes seront des déchets TFA qui pourront être traités au Technocentre, produisant 1 440 tonnes de déchets plus radioactifs.
6000 tonnes de déchets traités sur 405 650 tonnes de déchets générés, cela fait un taux de recyclage de moins de 1,5 %. Avec une production supplémentaire de 1440 tonnes de déchets radioactifs supplémentaires !
A défaut d’avoir pu imposer le nucléaire comme « renouvelable », avec le Technocentre, EDF tente de faire croire que le nucléaire est « recyclable ».
Transports et traçabilité ?
A travers Cyclife, EDF possède déjà une installation similaire en Suède, mais avec des critères de radioactivité moins stricts que pour le Technocentre : il n’y a pas de classification TFA en Suède, Cyclife Suède accepte des métaux avec une radioactivité 200 fois trop importante pour être classés TFA en France. En outre, Cyclife en Suède ne dispose que d’un four de 4 tonnes contre 25 pour le Technocentre.
Et pour les centrales situées en Europe, le Rhin est une voie d’eau bien pratique pour les transports radioactifs de de l’Europe de l’Est et de l’Ouest, en tout cas plus pratique que le transport par mer… Avec le Technocentre qui ne sera pas soumis à des contrôles de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, rien n’empêchera EDF de réorienter des contrats passés avec Cyclife – Suède vers le Technocentre de Cyclife – Fessenheim.
Position d’Alsace Nature
Dès l’annonce de ce projet porté par EDF, et dans le cadre des discussions relatives à la fermeture de la Centrale de Fessenheim, et avec le collectif STOP FESSENHEIM, Alsace Nature s’était prononcée contre cette installation en questionnant :
- Le nucléaire et ses conséquences
- Les choix de reconversion du site de Fessenheim
- Les conséquences sur la santé et l’environnement de cette usine de retraitement des métaux faiblement contaminés tant pour un usage au quotidien des futurs consommateurs que nous serons, tant sur le site et les impacts lors du transport des matériaux…
- Les risques encourus pour les habitants et le territoire
- Le modèle économique de l’installation
Après la fermeture de la centrale de Fessenheim, Alsace Nature s’était engagée dans le projet de territoire et notamment pour la création d’une zone d’activité (ECORHENA) parce que nous estimions nécessaire et responsable de participer à la revitalisation économique du secteur tout en préservant les richesses écologiques de la bande rhénane. Mais nous avions fini par quitter le Comité de Pilotage du Projet de Territoire de Fessenheim, car nous estimions que le projet d’EDF soutenu par l’Etat et les élus d’un Technocentre ou Val’m, c’est-à-dire d’une fonderie de déchets nucléaires, était totalement incompatible avec un projet de territoire novateur et ambitieux.
En-dehors des risques importants de pollution (rejets toxiques, pollution atmosphérique liée aux flux de transports, …), ce projet de technocentre, dégraderait la qualité de vie des riverains, s’il était réalisé.
Par ailleurs, ayant appris que le défrichement de la forêt allait être autorisé, Alsace Nature avait adressé un courrier au préfet du Haut-Rhin le 31 août 2022, en lui demandant de ne pas sacrifier ces pans de forêts rhénanes, tant que les travaux n’ont pas effectivement commencés.
Aux côtés de l’association des villageois réunis de Nambsheim et environs, nous nous étions mobilisés contre le Technocentre et le défrichement de la forêt
Un débat organisé par la CNDP du 10 octobre 2024 au 7 février 2025
EDF, porteur du projet Technocentre, a saisi la Commission Nationale de Débat Public (CNDP).
Compte tenu des différents impacts que ce projet pourrait avoir sur l’aménagement du territoire et le cadre socio-économique et environnemental, la CNDP a décidé d’organiser un débat public du 10 octobre 2024 au 7 février 2025.
Le Débat public devait nous permettre :
- de dénoncer la communication mensongère d’EDF et… de certains élus complices (dont certains sont adhérents d’associations pro-nucléaires).
- de pointer la mise en danger de l’environnement (air, nappe phréatique, ressource eau…)
- d’exiger une réelle transparence relative aux radionucléides persistants, des expertises scientifiques indépendantes…
- d’alerter sur les problèmes liés à l’acheminement (convois exceptionnels nombreux, transports radioactifs, non respect du droit européen etc…) et à l’encombrement des routes
- de faire le bilan entre “emplois créés” et la réalité des emplois d’ores et déjà déjà perdus pour le territoire par effet repoussoir
- de questionner les bilans énergétiques et de comparer les bilans CO2 (et autres gaz à effet de serre) avec le simple stockage en sub-surface
- de dénoncer la gabegie économique du projet
- d’alerter sur le non respect du Projet de Territoire, du Traité d’Aix la Chapelle, de la Parole de la France…
- de nous interroger sur l’image d’une Alsace productrice d’acier radioactif “made in Fessenheim”
- de rappeler la Déclaration de Fessenheim déjà co-signée par 48 organisations qui refusent ce “Technocentre” et toute nouvelle installation nucléaire en Alsace
- d’exiger la prise en compte d’une “option Zéro” : l’abandon total de ce projet FOU de “Technocentre”
Compte-tenu du déroulement des échanges, Alsace Nature ainsi que d’autres associations, ont décidé de quitter cette parodie de débat
Les associations Alsace Nature, Stop Fessenheim et CIVI’s ont pleinement investi les différentes réunions pour permettre d’apporter la contradiction au discours rassurant que porte le pétitionnaire vis-à-vis du fonctionnement de cette fonderie de déchets nucléaires et de ses conséquences sur la santé, l’environnement, l’économie, etc. Mais elles ont pris la décision de quitter la « réunion des Acteurs » samedi 14 décembre à Biesheim, après que le Président de la CNDP ait délivré ses constats. Les associations que nous représentons ont une haute opinion de ce qu’est un débat où les citoyens peuvent réellement se forger un avis sur un dossier. Cela nécessite une information impartiale, des temps de débat contradictoire et une neutralité d’animation. L’ensemble des conditions n’était pas réuni et les représentants de la société civile que nous sommes n’ont pas souhaiter servir de faire-valoir dans un jeu dont les dés sont pipés. Ainsi, les associations ont décidé de ne plus participer, dans ces conditions, à cette caricature de débat.
+ d’informations
Pour agir activement :
Actions possibles pour les particuliers :
Actions possibles pour les personnes morales (associations, syndicats, entreprises, collectivités ou autres) :
Pépinière d’entreprises La Ruche Commission particulière du débat public Projet Technocentre à Fessenheim
1 rue de l’Europe
68740 Fessenheim Tél. 0805 38 00 86 (appel gratuit)
mail : equipe.fessenheim@debat-cndp.fr ( mettre le président Jean-Louis Laure en co-destinataire : jean-louis.laure@debat-cndp.fr )