[communiqué de presse] Reprise de l'abattoir de Holtzheim : l'occasion de « monter en gamme »

[communiqué de presse] Reprise de l'abattoir de Holtzheim : l'occasion de « monter en gamme »

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Communiqué de presse du 23 juin 2016
Alsace Nature – Réseau agriculture
Reprise de l’abattoir de Holtzheim : l’occasion de « monter en gamme »

La coopérative de producteurs de bovins et de porcs qui gère l’abattoir de Holtzheim (Eurométropole) est placée en redressement judiciaire, et ce malgré les importantes aides qui lui ont été apportées au fil des ans. L’abattoir est en attente d’un repreneur.
Ce contexte de crise de l’élevage bas-rhinois amène Alsace Nature, Fédération régionale des associations de protection de la nature et de l’environnement, à rappeler, comme l’ont fait des éleveurs tels que Thierry Schweitzer ou Laurent Klein, que c’était une erreur stratégique d’avoir positionné cet abattoir essentiellement sur la production de volumes de viandes quelconques, fussent-elles alsaciennes. En effet, l’Alsace ne produit qu’une faible part de sa consommation et le bassin de consommation alsacien pourrait aisément absorber une production locale dont le mode de production serait plus « haut de gamme » que le modèle dominant.
Alsace Nature, par la voix des responsables de son réseau « agriculture », se souvient avec tristesse et amertume des nombreuses enquêtes publiques et autres occasions au cours desquelles l’association demandait notamment aux producteurs de porcs alsaciens de s’orienter vers des modes de production plus ambitieux et plus respectueux des animaux, en particulier de leur accorder une litière de paille et de bannir les cages à truies (ce que la Suisse a su faire depuis longtemps). Jamais nous n’avons été écoutés.
Les Commissaires enquêteurs (à une exception près), l’administration ou les élus ont toujours suivi les professionnels dans leurs certitudes économiques, plébiscitant une production conventionnelle, industrielle, banale. Or, la consommation de viande baisse inéluctablement. Les citoyens s’interrogent de plus en plus sur le traitement réservé aux animaux et sur les impacts de l’élevage intensif sur l’environnement.
Alsace Nature et son réseau « agriculture » considèrent que la crise actuelle est une opportunité pour un revirement salutaire. Aujourd’hui, le défi est de pouvoir justifier d’une plus-value avec une prestation supérieure, tant en matière de bien-être animal qu’en matière d’environnement et de conditions de travail. A l’heure où l’information est de plus en plus facilement accessible, les cahiers des charges des productions animales doivent comporter des exigences concrètes, pertinentes, transparentes. C’est ce qui correspond à la Responsabilité Sociale des Entreprises. Quant à l’abattage des animaux, Alsace Nature partage l’analyse des experts qui préconisent une vidéosurveillance permanente pour garantir un traitement correct des animaux tant qu’ils sont vivants.
Contact Presse :
Anne Vonesch – Vice-présidente Alsace Nature – Réseau Agriculture : 06 89 66 71 50
 

[Conférence Alsace Nature] 24 février : "Recommandations nutritionnelles : avec ou sans le respect du vivant ?"

[Conférence Alsace Nature] 24 février : "Recommandations nutritionnelles : avec ou sans le respect du vivant ?"

Recommandations nutritionnelles et respect du vivant
C’est le thème que propose Alsace Nature à Christian Rémésy, directeur de recherche INRA, pour le temps d’une conférence :
mardi 24 février à 18h30,
à Strasbourg à la Cité de la Musique et de la danse, salle 30
(Conférence-débat et verre de l’amitié).
 
Christian Rémésy sait décliner la nutrition dans le sens d’une alimentation et d’une santé durables. Que faire alors pour atteindre l’adéquation entre nos besoins et nos ingestas ? Il nous le dira. Sans doute, la question des intérêts économiques ne sera pas évincée : Christian Rémésy a une réputation de lanceur d’alerte. Il est l’auteur de plusieurs livres, dont « L’alimentation durable. Pour la santé de l’homme et de la planète », chez Odile Jacob.
Quant à Alsace Nature, l’association poursuit, avec cet évènement, sa campagne agricole « Des prix justes pour le respect du vivant », et ce d’autant plus qu’en cette année 2015  les 50 ans d’Alsace Nature tombent à pic sur les 50 ans écoulés depuis la mort d’Albert Schweitzer. Il reste à porter le flambeau. Or l’impression prévaut que les recommandations nutritionnelles d’usage n’ont à ce jour pas intégré le respect du vivant autour de nous, qu’il s’agisse des animaux d’élevage ou de la nature sauvage.  Faut-il piller les mers, multiplier des turbo-vaches, entasser les poulets pas chers, muscler sans gras des cochons inactifs, intensifier les prairies, dévaster les forêts tropicales, dépendre des pesticides – au nom de la nutrition ?
Contact :
Anne Vonesch – Responsable du groupe agriculture Alsace Nature : 06 89 66 71 50

Ciné-Débat lundi 9 février – Quels élevages pour nos villages ?

Ciné-Débat lundi 9 février – Quels élevages pour nos villages ?

Quels élevages dans nos villages ?
Alsace Nature invite le public à une projection-débat le lundi 9 février à 19h30, à la salle polyvalente de Gottesheim.
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Le film qui introduira le débat, « LoveMeatender », s’adresse à tous les publics ; « en exaltant la vie au coeur de nos assiettes, il renouvelle notre regard sur la viande » – de manière gaie et sérieuse. De quels élevages avons-nous besoin, et lesquels voulons-nous ? Pour Alsace Nature, la réponse doit quelque part intégrer le respect qui est dû au vivant.
La réunion publique à Gottesheim fait partie d’une série de rencontres conviviales dans le cadre d’une campagne qui se poursuit, pour « des prix justes pour le respect du vivant ». D’ailleurs, lorsque les animaux passent sous le bulldozer du discount, les hommes y passent aussi.
Il y a aussi une petite raison locale qui pousse à se poser des questions. Une consultation publique est en cours jusqu’au 16 février à Printzheim, concernant un élevage d’engraissement de porcs, dont l’autorisation préfectorale avait été annulée au tribunal administratif, sans que cela ne change quoi que ce soit. Mais le débat du 9 février ne tolérera pas de polémique locale. Les responsabilités se situent à un tout autre niveau, et il faut le savoir. Au nom de la convivialité, la soirée sera clôturée par le verre de l’amitié.
Affiche de la manifestation – PDF
Contact :
Anne Vonesch – Responsable du réseau agriculture d’Alsace Nature : 06 89 66 71 50

Vivre en bonne intelligence avec la nature et développer la solidarité

Vivre en bonne intelligence avec la nature et développer la solidarité

Maurice Wintz, président d’Alsace Nature, a été interviewé par le journal L’Alsaceà l’occasion de la nouvelle année.

 
Article paru le 01/01/2014
 « Vivre en bonne intelligence avec la nature et développer la solidarité »
Président d’Alsace Nature, qui fédère 140 associations de protection de la nature de la région, Maurice Wintz est maître de conférences de sociologie de l’environnement à l’Université de Strasbourg.
« Je souhaite que tous ceux qui agissent pour une meilleure prise en compte de l’environnement, agriculteurs, entreprises, fonctionnaires, élus, associations, soient davantage entendus et soutenus. Que notre société apprenne à vivre en bonne intelligence avec la nature et développe des valeurs de solidarité plutôt que de compétitivité. C’est un vœu à contre-courant de cette logique de croissance qui se développe partout dans l’aménagement du territoire, la gestion forestière, l’agriculture, et qui se traduit par une pression de plus en plus forte sur la nature.
Très concrètement, je souhaite que le schéma régional de cohérence écologique, ou trame verte et bleue, reste ambitieux et devienne réalité : c’est une étape essentielle au maintien et à la restauration des écosystèmes. Que l’union sacrée autour du béton dans le contrat de plan Etat-Région se transforme en faveur de la biodiversité, de la qualité de l’air et de l’eau, du bien-être animal, de la protection des forêts. Pour l’instant, ce contrat prévoit surtout des investissements routiers façon années 1970, comme si l’on était sous-équipé.
Alors que l’on détricote le Grenelle de l’environnement, j’espère que les futures lois sur la transition énergétique et la biodiversité seront à la hauteur des enjeux, que soient favorisés des modes de fonctionnement de la société en cohérence avec la nature : ce sera plus compliqué que de favoriser le béton, mais plus bénéfique à long terme. »